Droits humains : Seydi Gassama dénonce une instrumentalisation des lois à des fins politiques au Sénégal



Le directeur d'Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement critiqué l'arsenal législatif adopté sous la présidence de Macky Sall, ainsi que la loi d'amnistie promulguée le 6 mars 2024. Selon le défenseur des droits humains, « les réformes antiterroristes votées en juin 2021 dans une Assemblée nationale barricadée avaient pour objectif principal de criminaliser les mouvements de contestation portés par l'opposition ».


Il souligne que ces textes, dénoncés par des organisations internationales comme Human Rights Watch, ont permis de poursuivre systématiquement les leaders politiques sous des chefs d'inculpation criminels graves pour des faits liés à l'expression d'opinions divergentes.

 

L'analyse de Seydi Gassama pointe également les conséquences de la loi d'amnistie adoptée à la fin du précédent mandat. Selon lui, cette disposition législative remplit une double fonction problématique. D'une part, « elle garantirait une impunité totale aux auteurs et aux commanditaires des violences ayant entraîné la mort de nombreux manifestants lors des troubles politiques. D'autre part, il suggère que ce texte visait de manière opportuniste à modifier la situation carcérale du principal candidat de l'opposition, dont le parrainage avait été validé dès le 9 janvier 2024, afin d'éviter le scénario inédit d'une élection présidentielle remportée depuis une cellule ».


 Pour le responsable d'Amnesty International, le recours à ces dispositifs légaux a servi à manipuler l'espace démocratique et à protéger les responsables de violations des droits humains sous le couvert d'une réconciliation politique. Ce réquisitoire souligne la nécessité pour le nouveau pouvoir de faire la lumière sur ces événements afin de restaurer l'état de droit et de garantir que la justice pour les victimes ne soit pas sacrifiée au nom d'arrangements entre acteurs politiques.



Lundi 20 Avril 2026 23:41


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