RFI : Après le premier cas d'Ebola identifié en France et donc hors d'Afrique, est ce qu'il y a un risque mondial pour la santé publique ?
Jean Kaseya : Le risque zéro n'existe pas et lorsque nous avons déclaré cette épidémie le 15 mai, nous avions déjà dit que, si jamais cette dimension régionale et cette dimension concentrée de l'épidémie au niveau de l’Ituri n'étaient pas considérées, il y aurait des risques que d'autres pays soient affectés.
Donc, vous nous dites aujourd'hui qu'il y a quand même un risque pour toute la planète, c'est ça ?
Nous vous disons aujourd'hui qu'il y a un risque. C’est pourquoi nous disons très clairement que c'est la solidarité qui va nous permettre d'arrêter cette épidémie. Et nous avons, l'OMS et Africa CDC, produit un travail. Ce travail demande aujourd'hui que nous puissions investir les moyens nécessaires, aussi bien pour l'Afrique que pour les autres pays. Et je réitère que la fermeture des frontières n'est pas la solution. La solution, c'est de permettre à ce que nous puissions avoir les moyens de répondre à cette épidémie afin d'éviter que d'autres pays soient affectés.
Donc, ce qui s'est passé avec ce médecin arrivé à Paris, c'est une alerte en fait pour toute la communauté internationale ?
D'abord, laissez-moi remercier ce médecin. Laissez-moi remercier son organisation Alima d’avoir été proche du peuple meurtri de l'Ituri. Ce médecin a beaucoup d'expérience dans la gestion des épidémies passées. Il est anesthésiste réanimateur et il a été au front du 19 mai au 22 juin. Il a quitté l’Ituri le 19 juin et a transité par Kinshasa. Quand il a quitté Kinshasa le 22, il ne présentait pas de symptômes.
Et je voudrais aussi rappeler que le gouvernement de la RDC a mis en place des dispositifs de détection dans les aéroports de Bunia et de Kinshasa, qui permettent de savoir qui a les signes. Donc, à l'heure actuelle, nous ne pouvons pas parler d'un quelconque manquement. Nous devons juste dire que les signes se sont manifestés quand il a atterri à Paris. Et effectivement, pour répondre à votre question, ce sont des signaux d'alerte. Si jamais les partenaires et les autres gouvernements donateurs ne viennent pas, ces signaux d'alerte risqueront malheureusement de se multiplier.
L'OMS dit que la transmission de l'épidémie d'Ebola s'accélère. Est-ce à dire qu'on n'a pas encore atteint le pic de cette épidémie ?
A l'heure actuelle, nous ne pouvons pas encore dire que nous avons atteint le pic de cette épidémie. C'est vrai qu'il y a beaucoup de succès en termes de personnes qui sont guéries. Il y a des succès en termes de mobilisations communautaires. On commence à sentir que, de plus en plus, les communautés croient au message qu'on leur donne. Mais ce qui est compliqué, ce qui ne peut pas nous permettre de dire qu'on a atteint le pic, c’est la situation humanitaire qui est sérieuse. Nous avons des camps de déplacés internes qui contiennent près d’un million de personnes, et l'accès à ces camps est difficile, alors que nous savons que l'épidémie est dans ces camps.
Et ça, c'est dans les camps de déplacés d’Ituri ?
Effectivement, c'est dans les camps de déplacés, c'est dans l'épicentre, à Mongbwalu. Et c'est là où nous devons multiplier les efforts. Aujourd'hui, lors de la réunion des chefs d'Etat que nous avons eue, le mardi 23 juin à Kinshasa, avec le président Tshisekedi et le président Ndayishimiye du Burundi, nous nous sommes dit que l'aspect humanitaire compte maintenant pour 70 % de la réponse. L'aspect sanitaire compte pour 30 %. Ça signifie quoi ? Si nous n'arrivons pas à résoudre l'aspect humanitaire, nous n'allons pas arrêter cette épidémie.
Au G7 d'Évian, la semaine dernière, en France, les sept pays les plus riches du monde ont promis une forte mobilisation contre cette souche d'Ebola jusqu'à quelque deux milliards de dollars. Est-ce que vous y croyez ?
J'attends de voir ça. Les effets d'annonce ne m'impressionnent plus. Et je le dis aux pays du G7. Et j'ai eu l'opportunité d'en parler avec les autorités françaises qui président le G7. J'ai dit aujourd'hui que nous avions un plan de réponse à 518 millions de dollars, mais pas plus de 180 à 200 millions sont concrètement arrivés.
Ça, c'était le volet sanitaire. Mais nous venons aussi de réévaluer le volet humanitaire. Aujourd'hui, nous avons besoin de 1,4 milliards de dollars pour nous assurer que nous parviendrons à avoir accès aux camps. Je vous ai dit que ce sont des camps de près d’un million de personnes où des maladies viennent, mais auxquels nous n'avons pas accès.
Et ces camps-là, pendant longtemps, ont été abandonnés. Les gens n'ont pas d'eau courante, les gens n'ont pas de nourriture, les gens n'ont pas de toit.
Et maintenant nous venons pour leur dire qu’il y a une épidémie. Et ces gens nous disent : pourquoi vous venez maintenant ? Donc, ça signifie que nous devons assurer leurs besoins primaires. Nous devons démanteler certains de ces camps, et nous devons nous assurer que tout le monde a accès aux soins. Et cela va nécessiter 1.4 milliards. J'attends voir venir aujourd'hui pour qu'on réponde à cette urgence rapidement.
Jean Kaseya : Le risque zéro n'existe pas et lorsque nous avons déclaré cette épidémie le 15 mai, nous avions déjà dit que, si jamais cette dimension régionale et cette dimension concentrée de l'épidémie au niveau de l’Ituri n'étaient pas considérées, il y aurait des risques que d'autres pays soient affectés.
Donc, vous nous dites aujourd'hui qu'il y a quand même un risque pour toute la planète, c'est ça ?
Nous vous disons aujourd'hui qu'il y a un risque. C’est pourquoi nous disons très clairement que c'est la solidarité qui va nous permettre d'arrêter cette épidémie. Et nous avons, l'OMS et Africa CDC, produit un travail. Ce travail demande aujourd'hui que nous puissions investir les moyens nécessaires, aussi bien pour l'Afrique que pour les autres pays. Et je réitère que la fermeture des frontières n'est pas la solution. La solution, c'est de permettre à ce que nous puissions avoir les moyens de répondre à cette épidémie afin d'éviter que d'autres pays soient affectés.
Donc, ce qui s'est passé avec ce médecin arrivé à Paris, c'est une alerte en fait pour toute la communauté internationale ?
D'abord, laissez-moi remercier ce médecin. Laissez-moi remercier son organisation Alima d’avoir été proche du peuple meurtri de l'Ituri. Ce médecin a beaucoup d'expérience dans la gestion des épidémies passées. Il est anesthésiste réanimateur et il a été au front du 19 mai au 22 juin. Il a quitté l’Ituri le 19 juin et a transité par Kinshasa. Quand il a quitté Kinshasa le 22, il ne présentait pas de symptômes.
Et je voudrais aussi rappeler que le gouvernement de la RDC a mis en place des dispositifs de détection dans les aéroports de Bunia et de Kinshasa, qui permettent de savoir qui a les signes. Donc, à l'heure actuelle, nous ne pouvons pas parler d'un quelconque manquement. Nous devons juste dire que les signes se sont manifestés quand il a atterri à Paris. Et effectivement, pour répondre à votre question, ce sont des signaux d'alerte. Si jamais les partenaires et les autres gouvernements donateurs ne viennent pas, ces signaux d'alerte risqueront malheureusement de se multiplier.
L'OMS dit que la transmission de l'épidémie d'Ebola s'accélère. Est-ce à dire qu'on n'a pas encore atteint le pic de cette épidémie ?
A l'heure actuelle, nous ne pouvons pas encore dire que nous avons atteint le pic de cette épidémie. C'est vrai qu'il y a beaucoup de succès en termes de personnes qui sont guéries. Il y a des succès en termes de mobilisations communautaires. On commence à sentir que, de plus en plus, les communautés croient au message qu'on leur donne. Mais ce qui est compliqué, ce qui ne peut pas nous permettre de dire qu'on a atteint le pic, c’est la situation humanitaire qui est sérieuse. Nous avons des camps de déplacés internes qui contiennent près d’un million de personnes, et l'accès à ces camps est difficile, alors que nous savons que l'épidémie est dans ces camps.
Et ça, c'est dans les camps de déplacés d’Ituri ?
Effectivement, c'est dans les camps de déplacés, c'est dans l'épicentre, à Mongbwalu. Et c'est là où nous devons multiplier les efforts. Aujourd'hui, lors de la réunion des chefs d'Etat que nous avons eue, le mardi 23 juin à Kinshasa, avec le président Tshisekedi et le président Ndayishimiye du Burundi, nous nous sommes dit que l'aspect humanitaire compte maintenant pour 70 % de la réponse. L'aspect sanitaire compte pour 30 %. Ça signifie quoi ? Si nous n'arrivons pas à résoudre l'aspect humanitaire, nous n'allons pas arrêter cette épidémie.
Au G7 d'Évian, la semaine dernière, en France, les sept pays les plus riches du monde ont promis une forte mobilisation contre cette souche d'Ebola jusqu'à quelque deux milliards de dollars. Est-ce que vous y croyez ?
J'attends de voir ça. Les effets d'annonce ne m'impressionnent plus. Et je le dis aux pays du G7. Et j'ai eu l'opportunité d'en parler avec les autorités françaises qui président le G7. J'ai dit aujourd'hui que nous avions un plan de réponse à 518 millions de dollars, mais pas plus de 180 à 200 millions sont concrètement arrivés.
Ça, c'était le volet sanitaire. Mais nous venons aussi de réévaluer le volet humanitaire. Aujourd'hui, nous avons besoin de 1,4 milliards de dollars pour nous assurer que nous parviendrons à avoir accès aux camps. Je vous ai dit que ce sont des camps de près d’un million de personnes où des maladies viennent, mais auxquels nous n'avons pas accès.
Et ces camps-là, pendant longtemps, ont été abandonnés. Les gens n'ont pas d'eau courante, les gens n'ont pas de nourriture, les gens n'ont pas de toit.
Et maintenant nous venons pour leur dire qu’il y a une épidémie. Et ces gens nous disent : pourquoi vous venez maintenant ? Donc, ça signifie que nous devons assurer leurs besoins primaires. Nous devons démanteler certains de ces camps, et nous devons nous assurer que tout le monde a accès aux soins. Et cela va nécessiter 1.4 milliards. J'attends voir venir aujourd'hui pour qu'on réponde à cette urgence rapidement.