Économie de l’Afrique Subsaharienne : une reprise sous haute tension en 2026



Le document «Perspectives économiques mondiales» de janvier 2026 de la Banque mondiale présente une analyse détaillée de la situation économique en Afrique subsaharienne (ASS). Alors que la croissance régionale amorce un redressement, l’Afrique subsaharienne navigue entre vents favorables liés aux matières premières et tempêtes structurelles.  Après une année 2024 à 3,7 %, la croissance en Afrique subsaharienne (ASS) a atteint environ 4,0 % en 2025. “Cette accélération s'explique par une inflation en phase de modération et, surtout, par la flambée des prix de l'or, des métaux précieux et du café, boostant les recettes fiscales de nombreux États”.  La croissance régionale devrait atteindre 4,3 % en 2026 et 4,7 % en 2027.  Ce scénario dépend d'une amélioration de la sécurité dans les zones de conflit et d'un environnement extérieur stable.

Le rapport souligne une urgence sociale alarmante : le revenu par habitant ne devrait croître que de 2 % par an en 2026-2027. Ce rythme est jugé insuffisant pour absorber les 270 millions de jeunes Africains arrivant sur le marché du travail. Sans création massive d'emplois productifs, la réduction de l'extrême pauvreté restera au point mort.

 Alors que l’économie de l’Afrique subsaharienne amorce un redressement global, les pays de l’Afrique de l’Ouest affichent des trajectoires contrastées. Le moteur économique de la région, le Nigeria, montre des signes de raffermissement avec une croissance qui s'est hissée à 4,2 % en 2025. Ce rebond est principalement porté par le dynamisme des services, notamment la finance et les technologies de l'information (TIC), ainsi qu'une légère reprise du secteur agricole.  À l'opposé, le Sénégal connaît une phase de ralentissement, passant de 6,4 % en 2025 à une prévision de 4,1 % en 2026. Cependant, c'est du côté de la Guinée que les chiffres sont les plus impressionnants. Avec une prévision de 9,3 % en 2026 grimpant jusqu’à 11,6 % en 2027, le pays s’impose comme le champion de la croissance régionale. Le rapport souligne également que la réduction drastique de l’aide publique au développement (APD) depuis 2024 fragilise l'espace budgétaire de pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger.

F. Bakary Camara

Mardi 3 Février 2026 14:41


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