Egypte: deux policiers tués et des centaines de blessés à Port-Saïd

En Egypte, deux policiers ont été tués et plus de 400 personnes blessées dans des accrochages entre policiers et manifestants à Port-Saïd. Parmi les blessés figure un officier supérieur de l’armée. Des violences dues notamment au déplacement dimanche 3 mars à l’aube d’une quarantaine de prisonniers de la prison de Port-Saïd vers Le Caire. Des détenus accusés du meurtre, lors d'un match de football il y a un an, de 74 supporters du club cairote d’Al-Ahly.



Les habitants de Port-Saïd ont très mal pris ce qu’ils ont perçu comme une « déportation ». Depuis le 26 janvier et la condamnation à mort de 21 de ses habitants, Port-Saïd est dans un état quasi insurrectionnel. Ce jour là, deux policiers avaient été tués dans la prison de Port-Saïd assiégée par les habitants. Au cours des deux jours suivants, 43 habitants de Port-Saïd avaient été tués par balles et un millier d’autres blessés. Même si l’enquête n’a toujours pas commencé, les habitants de Port-Saïd sont convaincus qu’ils ont été victimes de la vengeance de la police.

Seul l’envoi de l’armée avait permis de restaurer le calme dans la ville. Mais celle-ci a décrété la désobéissance civile depuis une quinzaine de jours. Une désobéissance qui affecte les administrations, les usines, les commerces et les écoles. Des habitants ont même décrété « l’indépendance » de Port-Saïd qu’ils ont doté d’un nouveau drapeau.

Tout se passait sans violence jusqu’à samedi quand un véhicule de la police a foncé sur des manifestants faisant cinq blessés.

Un accrochage entre l'armée et la police

Deux policiers ont donc été tués et plus de 400 personnes blessées, dimanche, à Port-Saïd, dont un officier supérieur de l'armée. Selon un communiqué de l’armée, l’officier a été blessé par balle après que des coups de feu ont été tirés par des personnes non identifiées contre les militaires. Mais selon plusieurs témoins à Port-Saïd, il s’agirait d’un accrochage entre l’armée et la police. Les militaires ont tenté de s’interposer entre la police et les manifestants, dont 18 ont été blessés par cartouches. Le ton est monté, une balle a touché l’officier à la jambe, les militaires ont riposté.

Les relations entre les militaires et la police sont tendues depuis le 28 janvier 2011, quand l’ex-président Hosni Moubarak avait demandé à l’armée de prendre en main le maintien de l’ordre. Une tension qui avait même poussé le ministre de la Défense et celui de l’Intérieur à tenir une réunion de réconciliation au terme de laquelle ils avaient posé, main dans la main, devant les caméras.

Depuis une semaine, et notamment à Port-Saïd, des milliers de personnes ont rédigé des procurations accordant au général Abdel Fattah el-Sissi la direction du pays. Le chef d’une armée que l’on dit ne pas être dans les meilleurs termes avec les Frères musulmans.

Et des accrochages ont eu lieu dimanche 3 mars, place Tahrir, après une attaque de la police contre les manifestants qui y campent depuis des mois. Les violences se sont aussi poursuivies à Mansoura dans le Delta du Nil.


Dépêche

Lundi 4 Mars 2013 14:48


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