Opinion du Dr Abdourahmane Ba, Président Think Tank FOYRE:
Le deuxième straw poll du 21 août 2026 n’a pas fait progresser Macky Sall, mais il a profondément modifié la course autour de lui. Notre ancien chef de l’État conserve six encouragements, sept découragements et deux avis sans opinion. Il remonte pourtant à la quatrième place parce que plusieurs candidatures mieux installées se sont dégradées. Sa position absolue stagne donc, tandis que sa position relative s’améliore. Dans un scrutin devenu sensiblement plus hostile, cette stabilité constitue un actif, mais pas encore une dynamique de victoire.
Le durcissement du Conseil est spectaculaire. Pour les candidats présents aux deux tours, les encouragements reculent tandis que les découragements progressent fortement. Rebeca Grynspan tombe de 10 encouragements à 7, Rafael Grossi reste à 7 mais voit ses oppositions bondir de 2 à 6, et Michelle Bachelet s’effondre. Carolyn Rodrigues-Birkett prend la tête avec 8 encouragements, sans atteindre le seuil décisif de neuf. Le deuxième tour ne révèle donc aucun candidat de consensus. Il montre plutôt un Conseil qui commence à tester les plafonds, les résistances et les vulnérabilités de chacun.
Pour Macky Sall, l’équation est désormais d’une grande clarté. Même en convertissant ses deux avis neutres, il n’atteindrait que huit encouragements. Il doit donc retourner au moins un des sept découragements, tout en conservant ses six soutiens. Plus important encore, les bulletins ne permettent toujours pas d’identifier les positions des cinq membres permanents. Son principal risque n’est donc pas seulement numérique. Il est géopolitique. Une candidature à neuf ou dix voix peut tomber sur un veto ; une candidature moins avancée peut au contraire survivre si elle reste acceptable pour Washington, Pékin, Moscou, Paris et Londres.
Le cas Olara Otunnu change également de nature. Son retrait paraissait envisageable après le premier tour ; il l’est beaucoup moins après sa progression de deux à cinq encouragements. Macky Sall ne peut donc plus compter sur une simple redistribution mécanique des voix africaines. L’enjeu devient plus subtil : construire une assise continentale forte sans enfermer sa candidature dans une logique régionale. Son expérience présidentielle, son passage à la tête de l’Union africaine et sa capacité à dialoguer avec des blocs diplomatiques différents peuvent devenir des avantages, à condition que cette stature africaine serve une offre de compromis global plutôt qu’une revendication de rotation géographique.
La campagne doit désormais entrer dans une phase beaucoup plus chirurgicale. Les sept découragements ne sont probablement pas motivés par les mêmes raisons. Certains peuvent relever d’une préférence pour une femme, d’autres d’un tropisme latino-américain, de considérations bilatérales ou d’un simple vote tactique. Chaque opposition doit donc être traitée séparément. Le travail décisif porte surtout sur les membres permanents. Dans le contexte actuel de crise budgétaire et de contestation de l’efficacité des Nations unies, Macky Sall peut valoriser un positionnement de réforme, de sobriété institutionnelle et d’efficacité multilatérale. Mais il doit éviter d’être perçu comme le candidat d’un camp contre un autre.
Le prochain straw poll sera ainsi beaucoup plus révélateur que les deux premiers. Passer de six à huit encouragements tout en réduisant les découragements vers quatre ou cinq constituerait une véritable avancée. Atteindre huit avec sept oppositions resterait fragile. Un troisième résultat inchangé à 6–7–2 installerait en revanche l’idée dangereuse d’un plafond. La bataille ne consiste donc pas seulement à gagner trois voix. Elle consiste à devenir progressivement moins rejeté. Dans cette élection, le futur Secrétaire général sera moins celui qui aura séduit le plus vite que celui dont la candidature restera acceptable lorsque les vetos potentiels apparaîtront.
La course reste donc ouverte, mais elle exige désormais une diplomatie de précision. Macky Sall n’est ni favori ni condamné. Son principal avantage est l’affaiblissement rapide de plusieurs candidats qui semblaient mieux placés ; son principal handicap demeure la persistance de sept découragements. S’il parvient à réduire ces résistances tout en franchissant le cap des huit encouragements, sa candidature peut redevenir centrale dans la recherche d’un compromis. Le deuxième scrutin ne l’a pas rapproché arithmétiquement du neuvième vote. Il a cependant démontré une chose essentielle : dans cette course, les positions dominantes sont encore fragiles. C’est précisément dans cette instabilité que notre diplomatie doit construire sa chance.
Dr Abdourahmane Ba
Président Think Tank FOYRE
Expert en Évaluation des Politiques Publiques, Evidence, Management et Stratégie de Développement
Le deuxième straw poll du 21 août 2026 n’a pas fait progresser Macky Sall, mais il a profondément modifié la course autour de lui. Notre ancien chef de l’État conserve six encouragements, sept découragements et deux avis sans opinion. Il remonte pourtant à la quatrième place parce que plusieurs candidatures mieux installées se sont dégradées. Sa position absolue stagne donc, tandis que sa position relative s’améliore. Dans un scrutin devenu sensiblement plus hostile, cette stabilité constitue un actif, mais pas encore une dynamique de victoire.
Le durcissement du Conseil est spectaculaire. Pour les candidats présents aux deux tours, les encouragements reculent tandis que les découragements progressent fortement. Rebeca Grynspan tombe de 10 encouragements à 7, Rafael Grossi reste à 7 mais voit ses oppositions bondir de 2 à 6, et Michelle Bachelet s’effondre. Carolyn Rodrigues-Birkett prend la tête avec 8 encouragements, sans atteindre le seuil décisif de neuf. Le deuxième tour ne révèle donc aucun candidat de consensus. Il montre plutôt un Conseil qui commence à tester les plafonds, les résistances et les vulnérabilités de chacun.
Pour Macky Sall, l’équation est désormais d’une grande clarté. Même en convertissant ses deux avis neutres, il n’atteindrait que huit encouragements. Il doit donc retourner au moins un des sept découragements, tout en conservant ses six soutiens. Plus important encore, les bulletins ne permettent toujours pas d’identifier les positions des cinq membres permanents. Son principal risque n’est donc pas seulement numérique. Il est géopolitique. Une candidature à neuf ou dix voix peut tomber sur un veto ; une candidature moins avancée peut au contraire survivre si elle reste acceptable pour Washington, Pékin, Moscou, Paris et Londres.
Le cas Olara Otunnu change également de nature. Son retrait paraissait envisageable après le premier tour ; il l’est beaucoup moins après sa progression de deux à cinq encouragements. Macky Sall ne peut donc plus compter sur une simple redistribution mécanique des voix africaines. L’enjeu devient plus subtil : construire une assise continentale forte sans enfermer sa candidature dans une logique régionale. Son expérience présidentielle, son passage à la tête de l’Union africaine et sa capacité à dialoguer avec des blocs diplomatiques différents peuvent devenir des avantages, à condition que cette stature africaine serve une offre de compromis global plutôt qu’une revendication de rotation géographique.
La campagne doit désormais entrer dans une phase beaucoup plus chirurgicale. Les sept découragements ne sont probablement pas motivés par les mêmes raisons. Certains peuvent relever d’une préférence pour une femme, d’autres d’un tropisme latino-américain, de considérations bilatérales ou d’un simple vote tactique. Chaque opposition doit donc être traitée séparément. Le travail décisif porte surtout sur les membres permanents. Dans le contexte actuel de crise budgétaire et de contestation de l’efficacité des Nations unies, Macky Sall peut valoriser un positionnement de réforme, de sobriété institutionnelle et d’efficacité multilatérale. Mais il doit éviter d’être perçu comme le candidat d’un camp contre un autre.
Le prochain straw poll sera ainsi beaucoup plus révélateur que les deux premiers. Passer de six à huit encouragements tout en réduisant les découragements vers quatre ou cinq constituerait une véritable avancée. Atteindre huit avec sept oppositions resterait fragile. Un troisième résultat inchangé à 6–7–2 installerait en revanche l’idée dangereuse d’un plafond. La bataille ne consiste donc pas seulement à gagner trois voix. Elle consiste à devenir progressivement moins rejeté. Dans cette élection, le futur Secrétaire général sera moins celui qui aura séduit le plus vite que celui dont la candidature restera acceptable lorsque les vetos potentiels apparaîtront.
La course reste donc ouverte, mais elle exige désormais une diplomatie de précision. Macky Sall n’est ni favori ni condamné. Son principal avantage est l’affaiblissement rapide de plusieurs candidats qui semblaient mieux placés ; son principal handicap demeure la persistance de sept découragements. S’il parvient à réduire ces résistances tout en franchissant le cap des huit encouragements, sa candidature peut redevenir centrale dans la recherche d’un compromis. Le deuxième scrutin ne l’a pas rapproché arithmétiquement du neuvième vote. Il a cependant démontré une chose essentielle : dans cette course, les positions dominantes sont encore fragiles. C’est précisément dans cette instabilité que notre diplomatie doit construire sa chance.
Dr Abdourahmane Ba
Président Think Tank FOYRE
Expert en Évaluation des Politiques Publiques, Evidence, Management et Stratégie de Développement