Cinq mois après la présidentielle de décembre 2025, près de 7 millions d'électeurs guinéens étaient appelés aux urnes, dimanche 31 mai, pour des élections législatives et communales présentées comme l'achèvement du processus de retour à l'ordre constitutionnel dans le pays après la période de transition ouverte par le coup de force du général Mamadi Doumbouya, en septembre 2021.
Ce double scrutin, qui doit déboucher sur la désignation des 147 députés de la future Assemblée nationale ainsi que sur celle des conseillers communaux des 375 collectivités locales de Guinée, s'est déroulé dans le calme, sans incident majeur, rapporte notre correspondant à Conakry, Tangi Bihan.
Reste que l'affluence dans les bureaux de vote a été très faible tout au long de la journée, comme a pu le constater Ousmane Kaba, un candidat à la députation venu voter à Nongo, dans la commune de Lambanyi, l'une des 12 qui constitue la ville de Conakry : « L'affluence est très modérée puisque dans mon bureau de vote, nous n'étions que deux ou trois aux alentours de midi... J'enjoins donc la DGE [Direction générale des élections, NDLR] à faire en sorte que ces élections soient transparentes, qu'il n'y ait vraiment pas de manipulation. »
« Je ne me sens nullement concerné par cette mascarade électorale »
Croisé dans le quartier de Camayenne situé à proximité du centre-ville, Amadou, qui n'est pas aller voter, confie avoir ainsi suivi la consigne donnée par les Forces vives de Guinée – la coalition qui regroupe des organisations de la société civile et plusieurs partis d'opposition, notamment ceux dissous en mars dernier comme le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) ou l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) – qui avaient appelé au boycott.
« Les conditions n'étaient pas réunies pour aller voter, explique-t-il. Ces élections ne sont pas équitables. Elles ne sont ni libres, ni transparentes, car les résultats sont connus d'avance. Alors, à quoi bon se rendre aux urnes ? J'y serais allé si mon vote avait pu représenter quelque chose, si les partis politiques représentatifs avaient pu présenter des candidats. Mais là, ça ne sert à rien ! »
« Qu'on vote ou qu'on ne vote pas, il n'y a aucun mystère, renchérit au micro de Mouctar Bah, également correspondant à Conakry, un autre électeur qui a, lui aussi, boudé l'isoloir. Si au moins on tenait compte des suffrages exprimés, j'userais de mon droit de vote. Mais ni la fameuse Direction des élections, ni la Cour suprême ne le feront. Je ne me sens donc nullement concerné par cette mascarade électorale. »
Un double scrutin trop proche de la Tabaski ?
Comptant parmi les rares électeurs à avoir rempli leur devoir civique, Abdoul, qui exhibe fièrement son doigt plein d'encre, estime pour sa part qu'il « était important de voter, même s'il y avait peu d'affluence »... avant de confier qu'il soutient Mamadi Doumbouya. « Je veux qu'il dispose d'une large majorité à l'Assemblée pour pouvoir faire passer ses lois et que le pays se développe sur le plan économique. Même si, personnellement, je trouve que le scrutin le plus important, ce sont les élections communales car je veux que l'on ait une bonne équipe municipale pour développer le quartier et rénover les écoles », reprend celui-ci.
Parmi les autres facteurs susceptibles d'expliquer cette faible participation à ces deux élections, plusieurs observateurs de la vie politique guinéenne relèvent entre autre la date choisie par les autorités, quelques jours seulement après la Tabaski qui a eu lieu cette semaine – fête que l'on célèbre généralement en famille, au village. Beaucoup d'électeurs n'étaient donc peut-être pas encore rentrés dans leur circonscription pour cette journée d'élection.
Ce double scrutin, qui doit déboucher sur la désignation des 147 députés de la future Assemblée nationale ainsi que sur celle des conseillers communaux des 375 collectivités locales de Guinée, s'est déroulé dans le calme, sans incident majeur, rapporte notre correspondant à Conakry, Tangi Bihan.
Reste que l'affluence dans les bureaux de vote a été très faible tout au long de la journée, comme a pu le constater Ousmane Kaba, un candidat à la députation venu voter à Nongo, dans la commune de Lambanyi, l'une des 12 qui constitue la ville de Conakry : « L'affluence est très modérée puisque dans mon bureau de vote, nous n'étions que deux ou trois aux alentours de midi... J'enjoins donc la DGE [Direction générale des élections, NDLR] à faire en sorte que ces élections soient transparentes, qu'il n'y ait vraiment pas de manipulation. »
« Je ne me sens nullement concerné par cette mascarade électorale »
Croisé dans le quartier de Camayenne situé à proximité du centre-ville, Amadou, qui n'est pas aller voter, confie avoir ainsi suivi la consigne donnée par les Forces vives de Guinée – la coalition qui regroupe des organisations de la société civile et plusieurs partis d'opposition, notamment ceux dissous en mars dernier comme le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) ou l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) – qui avaient appelé au boycott.
« Les conditions n'étaient pas réunies pour aller voter, explique-t-il. Ces élections ne sont pas équitables. Elles ne sont ni libres, ni transparentes, car les résultats sont connus d'avance. Alors, à quoi bon se rendre aux urnes ? J'y serais allé si mon vote avait pu représenter quelque chose, si les partis politiques représentatifs avaient pu présenter des candidats. Mais là, ça ne sert à rien ! »
« Qu'on vote ou qu'on ne vote pas, il n'y a aucun mystère, renchérit au micro de Mouctar Bah, également correspondant à Conakry, un autre électeur qui a, lui aussi, boudé l'isoloir. Si au moins on tenait compte des suffrages exprimés, j'userais de mon droit de vote. Mais ni la fameuse Direction des élections, ni la Cour suprême ne le feront. Je ne me sens donc nullement concerné par cette mascarade électorale. »
Un double scrutin trop proche de la Tabaski ?
Comptant parmi les rares électeurs à avoir rempli leur devoir civique, Abdoul, qui exhibe fièrement son doigt plein d'encre, estime pour sa part qu'il « était important de voter, même s'il y avait peu d'affluence »... avant de confier qu'il soutient Mamadi Doumbouya. « Je veux qu'il dispose d'une large majorité à l'Assemblée pour pouvoir faire passer ses lois et que le pays se développe sur le plan économique. Même si, personnellement, je trouve que le scrutin le plus important, ce sont les élections communales car je veux que l'on ait une bonne équipe municipale pour développer le quartier et rénover les écoles », reprend celui-ci.
Parmi les autres facteurs susceptibles d'expliquer cette faible participation à ces deux élections, plusieurs observateurs de la vie politique guinéenne relèvent entre autre la date choisie par les autorités, quelques jours seulement après la Tabaski qui a eu lieu cette semaine – fête que l'on célèbre généralement en famille, au village. Beaucoup d'électeurs n'étaient donc peut-être pas encore rentrés dans leur circonscription pour cette journée d'élection.