En Mauritanie, la polémique enfle autour d'un éventuel troisième mandat du président Ghazouani



En Mauritanie, la perspective d'un dialogue national est aujourd'hui compromise par la polémique sur un éventuel troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani. Si les appels publics d'élus locaux sont présentés comme des initiatives individuelles, l'opposition y voit une stratégie orchestrée pour tester le terrain. Ce climat de tension menace l'alternance démocratique et paralyse tout espoir de consensus politique.

Le spectre d’un troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani s’invite au cœur des débats mauritaniens. À l’origine de la crispation, des sorties répétées d’élus locaux appelant le chef de l’État à rempiler.

Pour l’opposition, c’est une ligne rouge. Maître Lo Gourmo Abdoul, vice-président de l’UFP, ne décolère pas. « C’est une question sur laquelle nous sommes intransigeants. Celui qui n'accepte pas de respecter la Constitution sur cette question-là, n'acceptera pas non plus d'avoir des élections libres, déclare-t-il. L’opposition continue à se mobiliser, elle avait déjà organisé un grand meeting, nous allons organiser d’autres actions. »

L’opposant dénonce une manœuvre de l’entourage présidentiel, un « chiffon rouge » agité pour saboter le dialogue.

Malaise au sein du pouvoir

Mais au sein même de la majorité, les avis sont nuancés. Aissata Alassane Ngaïdé, membre du conseil national du parti INSAF (parti au pouvoir, NDLR), appelle à dépasser cette polémique tout en évoquant une idée originale. « Pour ma part, à titre personnel, je pense qu'aujourd'hui la priorité n'est pas d'ouvrir un débat sur un troisième mandat, mais de donner au Président le temps d'achever les chantiers lancés, explique-t-elle. Si la Constitution le permet, je suis d'avis qu'une prolongation, ne serait-ce que limitée de trois ans pour boucler ces projets, serait plus responsable que de repartir sur un mandat complet. »

Une suggestion qui illustre le malaise au sein du pouvoir. Officiellement, la majorité évite de confirmer s’il s’agit d’une stratégie concertée ou d'initiatives isolées. En attendant, le dialogue reste au point mort, laissant le paysage politique mauritanien dans une incertitude croissante.

RFI

Dimanche 14 Juin 2026 10:02


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