En Ukraine, quatre ans après le début de la guerre, ces déplacés qui se sentent abandonnés

En quatre ans, la guerre en Ukraine a déplacé 3,7 millions de personnes à l’intérieur du pays, selon l’ONU. Certains ont tout perdu et ne peuvent toujours pas retourner chez eux. Et après tout ce temps, les aides se sont raréfiées. Rencontre avec ces déplacés qui se sentent abandonnés.



« Il n’y a pas de lumière ici », prévient Marina, qui nous montre une pièce où dorment douze personnes sur de vieux lits en fer. L’électricité est aléatoire à cause des frappes russes. « C’est compliqué ici parce que les hommes et les femmes dorment dans la même pièce », ajoute-t-elle.

Au total, vingt personnes s’entassent dans cet appartement vétuste, un ancien centre éducatif mis à disposition par la mairie de Dnipro, à l’est de l’Ukraine. Tous sont des déplacés de guerre comme Marina, 52 ans, qui a fui Bakhmout dans le Donbass, au début du conflit. Quatre ans après, elle est toujours là et elle est amère. « Au début les organisations humanitaires nous aidaient, elles nous apportaient trois repas par jour et l’État nous donnait 2000 Hryvnia (50 euros) en tant que déplacés de guerre », explique-t-elle amère, « mais aujourd’hui tout s’est arrêté, plus aucune aide ! Ce n’est pas normal. »

Des aides existent. Mais avec le temps et les difficultés économiques, elles se sont raréfiées. Alors Olek, responsable du syndicat d’immeubles du quartier, a décidé de soutenir ces déplacés. « Les charges comme l’électricité, le chauffage, l’eau, sont payées par les voisins des 15 immeubles du même syndic », détaille-t-il.

Les autorités ukrainiennes ont d’autres priorités aujourd’hui que d’aider tous les déplacés, reconnait Olek. Ce qu’il souhaiterait, c’est davantage de solidarité étrangère. « La première année de la guerre, les Ukrainiens se sentaient soutenus par les gens à l'étranger. Aujourd'hui ils se sentent abandonnés », regrette-t-il, « Ils attendent avec espoir de l’aide parce qu’ils ne savent pas de quoi l'avenir sera fait, ils se sentent désemparés. »

Il y a certes le soutien politique et militaire à l’Ukraine, mais pour Olek, tenir dans cette guerre interminable passe aussi par plus de solidarité citoyenne.

RFI

Mercredi 25 Février 2026 11:09


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