Est de la RDC: après les sanctions de Washington envers l’armée rwandaise, quel impact ?

Le Département du Trésor américain a sanctionné lundi 2 mars l'armée rwandaise et quatre de ses hauts responsables. En cause, il y a leur soutien au M23 dans l'Est de la RDC, en violation des accords de Washington de décembre dernier. Mais ces sanctions ne sont pas les premières contre des entités et personnalités rwandaises depuis la résurgence de l'AFC/M23 en 2022.



Ces sanctions s'inscrivent dans une séquence plus longue. Depuis la résurgence du M23 en 2022, Washington a progressivement durci le ton. En septembre 2023, le Rwanda s'est inscrit sur la liste du « Child Soldiers Prevention Act », la loi américaine sur la prévention des enfants soldats, une mesure qui limite l'aide militaire et les ventes d'équipements.
 
En février 2025, une sanction plus retentissante vise James Kabarebe, ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, ancien aide de camp de Paul Kagame, ministre de la Coopération régionale au moment des sanctions.
 
L'Union européenne adopte ensuite des mesures similaires, ciblant à son tour certains dirigeants. À chaque désignation, Kigali dénonce et renvoie, dit-il, Kinshasa à ses responsabilités, évoquant le soutien aux FDLR et s'appuyant sur certains rapports onusiens. Il soutient aussi que l'AFC/M23 est autonome.
 
Pour autant, les sanctions n'ont pas fait taire les armes. Le jour même des dernières désignations, l'AFC/M23 revendiquait des attaques de drones contre l'aéroport de Kisangani. Ces nouvelles mesures marqueront-elles un tournant ? Permettront-elles de relancer les processus de Washington et de Doha ? La réponse dépendra de la dynamique diplomatique que pourra engager Washington et de la position que choisira Kigali, mais aussi du rapport de force sur le terrain, où l'AFC/M23 affronte l'armée congolaise.

RFI

Mercredi 4 Mars 2026 09:52


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