Est de la RDC: des populations traumatisées racontent l'ampleur des exactions des ADF

Dans l’est de la République démocratique du Congo, les attaques des ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, se poursuivent. Début mars, deux attaques successives dans le territoire de Mambasa, en Ituri, ont provoqué un déplacement massif de populations vers Bafwasende et jusqu’à Kisangani, dans la province voisine de la Tshopo. Des milliers de personnes ont fui les violences, notamment depuis Badengaido et les villages environnants. Sur place, des populations traumatisées, qui dénoncent l’ampleur des exactions et demandent une réponse plus forte des autorités.



« Quand les tirs ont commencé à retentir, ils ont commencé à brûler les maisons. Pris de panique, nous avons fui chacun de notre côté. En fuyant, mon enfant est resté dans la maison. Beaucoup de gens ont été tués, nos biens ont pris le feu et mon enfant est mort dans notre maison qui a été incendiée. Je me retrouve ici à Bafwasende. Je n’ai plus rien », raconte la jeune femme.

L’attaque de Muchacha a été revendiquée par l’organisation État islamique. Quelques jours plus tard, à Badengaido, à une dizaine de kilomètres, s'est joué un scénario similaire.

Afflux massif de déplacés
Trésor se souvient d’une nuit d’horreur : tirs, incendies, civils pris pour cible. « Ça tirait à Badengaido. L’école du village a été incendiée, la maison du directeur aussi. Nous avons vu que la menace devenait grave. Nous avons fui et nous voici à Bafwasende. Je suis ici avec ma femme et mes enfants. D’ailleurs, je ne sais pas où se trouve un de mes enfants avec cette fuite. Nous cherchons et espérons. Aujourd’hui, nous sommes des déplacés et nous sommes dans un état critique. »

Ces attaques ont provoqué un afflux massif de déplacés à Bafwasende, et jusque dans la ville de Kisangani. Ces deux derniers mois, les ADF ont été responsables de la majorité des homicides commis par des groupes armés, avec près de 100 civils tués, ainsi que de nombreux enlèvements.

Parallèlement aux violences, le groupe impose aussi des formes de contrôle économique : collecte de « jetons » et taxes sur l’exploitation locale, en place depuis novembre 2025.

RFI

Samedi 21 Mars 2026 14:06


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