État de droit 2026 : Ce que révèlent les scores de l’Afrique de l’Ouest sur l’avenir de ses institutions



L'organisation World Justice Project a rendu public son rapport annuel « WJP Rule of Law Index 2026 », livrant un diagnostic précis des performances continentales.

À l'échelle globale, l'Afrique subsaharienne obtient un score moyen de « 0,45 », tandis que la zone Afrique du Nord enregistre une moyenne de « 0,50 ».

Ces résultats font état de défis structurels persistent et de trajectoires institutionnelles très hétérogènes.

En Afrique de l'Ouest, les nations en tête de zone sont le Sénégal, positionné au « 58e rang mondial » avec un score de 0,56, suivi de près par le Ghana, classé « 62e » avec une note de « 0,55 ». La Gambie s'établit à la « 86e place » (0,49), devançant le Bénin qui se situe au « 94e rang » (« 0,47 »).

Le rapport met tout particulièrement en lumière la progression du Liberia, « 103e » mondial (0,45), distingué comme le pays de la région « s'étant le plus amélioré » avec une variation positive de +0,9 %.

Au cœur du tableau ouest-africain, le Burkina Faso se classe « 101e » avec un score de « 0,45 », la Côte d'Ivoire occupe la « 107e place » (0,44), la Sierra Leone s'établit au « 110e rang » (0,44) et le Togo se positionne « 112e » (0,42).

La Guinée suit à la « 118e position » (0,40), le Gabon au « 119e rang » (0,40), le Nigeria à la « 120e place » (0,40), la Mauritanie au « 132e rang » (0,36), tandis que le Cap-Vert et la Guinée-Bissau ne figurent pas dans cette édition.

Certains États de la sous-région font face à des détériorations marquées de leurs indicateurs de gouvernance. C'est le cas du Niger, classé « 116e » (0,41) avec un recul de « -2,0 % », et du Mali, relégué au « 127e rang » (0,38) en enregistrant également une baisse de « -2,0 % ».

Les classements reposent sur un cadre conceptuel rigoureux mesurant l'adhésion à l'état de droit à travers huit facteurs principaux et 44 sous-facteurs : les contraintes exercées sur les pouvoirs publics, l'absence de corruption, un gouvernement ouvert, les droits fondamentaux, l'ordre et la sécurité, l'application de la réglementation, la justice civile et la justice pénale.

Ces indicateurs évaluent de manière multidimensionnelle aussi bien les limites imposées au pouvoir de l'État que la protection des citoyens et l'accès aux mécanismes de résolution des litiges.

Selon l'organisation, ces trajectoires descendantes figurent parmi les « plus forts reculs mondiaux » observés dans l'évaluation de cette année.

Afin d'enrayer ces dynamiques régressives, le rapport invite les décideurs ouest-africains à consolider en priorité « l'indépendance de la justice », à protéger un « espace civique » sous pression et à renforcer les mécanismes de contrôle institutionnel pour « limiter les abus du pouvoir exécutif ».

Les analystes soulignent également la nécessité d'intensifier la « lutte contre la corruption » et d'améliorer « l'accès effectif à la justice civile », des étapes jugées fondamentales pour garantir la stabilité démocratique et la cohésion sociale dans l'ensemble de la sous-région.

Fodé Bakary Camara

Mercredi 21 Octobre 2026 22:51


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