Etats-Unis: il déserte l'US Army et s’engage dans la Légion étrangère

C'est une histoire peu commune qui a marqué la presse américaine, la semaine passée. Mardi dernier, un jeune officier américain a été condamné à quatre ans de prison pour désertion. Pendant cinq ans, il avait, dans le plus grand secret, rejoint les rangs de la Légion étrangère française. Itinéraire hors norme d'un soldat.



La légion étrangère lors d'un défilé du 14-Juillet. RFI/Pierre René-Worms

En changeant d'uniforme, le lieutenant Lawrence J. Franks Jr. de l'infanterie américaine, est devenu le deuxième classe Flaherty. Cette métamorphose, seule la Légion étrangère peut l'offrir en permettant aux recrues de changer d'identité.

L'itinéraire du lieutenant Franks était pourtant tout tracé : élève brillant, il était sorti dans le peloton de tête de la prestigieuse académie militaire de West Point.

Mais, dans son régiment, le jeune officier n'a connu que la déprime et l'ennui. Il a même songé au suicide. « J'avais besoin d'être mouillé et d'avoir froid et faim », a-t-il expliqué au tribunal militaire, ajoutant, « j'avais besoin de la vie éreintante que j'ai seulement pu trouver dans la Légion ». Alors en 2009, dans le plus grand secret, il s'est engagé pour cinq ans au sein du 2e régiment étranger de Nîmes... et ce fut pour lui, une résurrection.

De tous les théâtres d'opération

L'ex-GI a connu une rapide ascension, jalonnée de décoration. Il fut de tous les théâtres d'opération, en République centrafricaine, à Djibouti, puis au nord du Mali lors de l'opération Serval. Il devient alors chargé de la sécurité du général de brigade Laurent Kolodziej, le commandant de l'armée française au Mali.

A la fin de son contrat de 5 ans, il renonce à prendre la nationalité française, comme cela lui était permis, et part retrouver les siens aux Etats-Unis. Eux ignoraient ce qu’il lui était arrivé pendant tout ce temps. Lawrence J. Franks Jr se constitue prisonnier en mars 2014. « Me rendre aura été le plus beau jour de ma vie », a expliqué récemment l'ex-soldat au New York Times.

A son procès, un général français qui l’avait eu sous ses ordres a tenu à témoigner : « J'aimerai avoir dix hommes comme lui dans mon équipe et je serais le plus heureux des généraux ». Cet éloge n'a pourtant pas suffi à attendrir les juges de l'US Army, qui ne lui ont pas pardonné sa désertion. L’ancien deuxième classe Flaherty de la Légion vient d'écoper de quatre ans de prison et a été exclu de l’armée américaine.


BBC Afrique

Lundi 22 Décembre 2014 15:14


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