Famedev : des masterclass pour briser le plafond de verre et valoriser les femmes expertes



Le Réseau Interafricain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement (Famedev) a officiellement lancé, ce jeudi 30 avril 2026, un cycle de masterclass dédié à la promotion du leadership féminin et à l’autonomisation des femmes. Pour cette première session, l’organisation a accueilli une militante des droits humains, Diakhoumba Gassama, qui a échangé avec les participantes sur les défis persistants liés à la condition féminine, tant au Sénégal qu’à l’international.

Des défis persistants malgré les textes sur la parité

Selon Papa Adama Touré, chargé de projet au sein de Famedev, cette rencontre a permis de mettre en lumière les nombreux obstacles qui empêchent encore les femmes de briser le plafond de verre. «Par exemple pour le cas du Sénégal, on a ratifié quasiment tous les textes, toutes les conventions mais l'application rigoureuse continue de poser problème. Donc, là également c'est un questionnement de tous les jours. On a des textes par exemple sur la parité, elle nous a parlé du fait que c'est toujours resté pour les postes électifs alors que normalement ça devait évoluer même vers les postes nominatifs. Donc là aussi ce sont des choses ou des pistes de réflexion qui sont exposées à toute la société, à nos dirigeants et pour voir un peu comment cela peut changer », a-t-il expliqué.

Les femmes de plus en plus présentes mais encore confrontées à des blocages

Pour Papa Adama Touré, les femmes sont aujourd’hui de mieux en mieux outillées pour défendre leurs droits et s’imposer dans différents secteurs. « Elles se battent et sont présentes partout », a-t-il souligné, tout en reconnaissant la persistance de nombreux blocages.

Toutefois, il a également estimé que des cadres d’échanges comme cette masterclass constituent des leviers importants pour faire évoluer les mentalités. « Parce qu'on a aussi en face un public composé majoritairement de jeunes femmes, entrepreneurs, étudiantes qui ont eu à échanger, à faire des contributions et je pense que mis sur la table, cela pourra permettre de changer et de faire évoluer les choses positivement », a-t-il avancé.

Selon lui, ce programme de masterclass vise ainsi à offrir une plateforme d’expression aux femmes, qu’elles soient expertes ou non afin de valoriser leurs expériences dans divers secteurs comme les médias, la culture, ou encore l’architecture.

Un récent monitoring de l’organisation a révélé une absence totale de femmes expertes dans certains contenus médiatiques observés. A ce titre, le chef de projet du réseau Famedev a indiqué que leur organisation souhaite corriger cette faible représentation des femmes dans les médias. «Donc, les femmes sont partout mais n'ont pas toujours droit au chapitre si on peut le dire comme ça et il nous faut quand même des organisations comme la notre Famedev pour leur donner davantage la parole», a déploré Papa Adama Touré.

Des avancées dans la presse, mais des efforts encore nécessaires

S’agissant de la liberté de la presse, il note des avancées notamment avec la présence croissante de femmes dans les rédactions et à des postes de direction.

« Il y a des avancées quand même dans le monde de la presse. Nous avons deux femmes directrices de publication, Bigué Bopp et notre maman Henriette Kandé, nous avons une patronne de presse et bien d'autres  femmes vraiment qui dans toutes les instances, à tous les niveaux de la presse s'active font de bonnes choses. Dans les écoles de journalisme également on relève quand même beaucoup de jeunes journalistes très brillantes », a-t-il souligné.

Toutefois, selon lui, des efforts restent nécessaires pour améliorer leur représentation dans les instances décisionnelles. « Mais à l'arrivée, si on voit le ratio hommes femmes dans les instances de décision, il y a aussi des efforts à faire », a-t-il indiqué.

En poursuivant, il a soutenu que l’organisation ambitionne de renforcer la participation des femmes dans la sphère publique. « Et le travail que Famedev est en train de faire, c'est  d'essayer de sensibiliser non seulement les  reporters, les responsables de rédaction mais essayer même de toucher les patrons de presse et c'est un travail qu'on a commencé à faire pour que les femmes  soient beaucoup plus présentes », a-t-il annoncé.
 
 
 

Fatime Gueye

Vendredi 1 Mai 2026 08:30


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