Fête nationale en Guinée: une exposition rend hommage aux «compagnons de l'indépendance»



C'est la fête nationale ce vendredi en Guinée, qui a obtenu son indépendance le 2 octobre 1958, quatre jours après le « non » au référendum sur le projet de communauté franco-africaine du général de Gaulle. Pour l'occasion, le gouvernement a consacré une exposition à l'histoire du pays, qui met à l'honneur les « compagnons de l'indépendance », ces leaders politiques qui ont mené la Guinée vers la liberté aux côtés de Sékou Touré.

Le dramaturge Fodéba Keita, l'homme politique Saïfoulaye Diallo, le syndicaliste Koumandian Keita, la femme politique Loffo Camara… Autant de figures que l'on croise sur les rives du lac Gbassikolo, près du Palais du peuple, au cœur de Conakry.
 
Si le président Sékou Touré (1958-1984) a incarné l'indépendance de la Guinée, il n'a pas mené seul le pays vers la liberté, rappelle Daouda Tamsir Niane, directeur de la Bibliothèque nationale : « Toutes sont des figures qui ont beaucoup agi pour l'indépendance. On les connaît moins, on les a même quelque part invisibilisées. Mais c'est un devoir de mémoire de parler de ces figures aussi, parce qu'elles ont énormément contribué à la libération de la Guinée, dès les années 1940 et 1950. »

Réhabiliter les figures de l'indépendance

Daouda Tamsir Niane s'arrête sur le portrait de Diawadou Barry. Principal opposant au Parti démocratique de Guinée-Rassemblement démocratique africain (PDG-RDA) de Sékou Touré sous la colonisation, il s'est allié à lui face à la France, comme un autre leader, Ibrahima Barry III. Cette unité politique a abouti au score de 95 % au référendum.
 
« Quand le PDG a décidé de voter "non" le 28 septembre, Barry Diawadou, ainsi qu'Ibrahima Barry III, sont partis retrouver les cadres du PDG-RDA pour leur dire qu'ils rejoignaient le mouvement du "non" et qu'ils allaient appeler leurs militants à voter "non". Cela a permis une cohésion très forte autour du "non". Le colonisateur n'a pas pu utiliser ces personnalités pour infléchir le vote du "non" et diviser le pays, comme il l'a fait au Niger en soutenant Hamani Diori contre Djibo Bakary. »
 
Diawadou Barry et Ibrahima Barry III deviendront ministres de Sékou Touré avant d'être, comme de nombreux autres compagnons de l'indépendance, accusés de complot et exécutés par le parti unique. À travers cette exposition, les autorités entendent réhabiliter toutes les figures de l'accession de la Guinée à la souveraineté.

RFI

Vendredi 2 Octobre 2026 11:23


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