Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a justifié vendredi le faible niveau d’exécution de certains programmes budgétaires au premier trimestre 2026 par une stratégie de prudence. Auditionné par l’Assemblée nationale, le ministre a expliqué que l'État a délibérément choisi de temporiser face aux vives incertitudes économiques internationales, notamment l'escalade des tensions au Moyen-Orient et la flambée des cours des hydrocarbures.
Selon l'autorité financière, le cadrage budgétaire initial du Sénégal a été bousculé par la réalité des marchés. Alors que la loi de finances initiale 2026 avait été élaborée sur la base d'un baril de pétrole à $64,4 (environ 36 000 FCFA), le cours mondial a bondi pour atteindre actuellement $105 (environ 60 000 FCFA).
« Si nous engageons d’emblée toutes les dépenses prévues et faisons face ensuite à ces modifications, sans disposer du matelas budgétaire nécessaire pour procéder à des corrections, cela peut conduire à des dérives dans l’exécution budgétaire », a prévenu Cheikh Diba. Il a toutefois précisé que cette baisse de régime n'a pas impacté les dépenses de fonctionnement des programmes, ni les charges incompressibles et obligatoires de l'État, qui affichent un niveau d'exécution globalement « correct ».
En marge de ce bilan trimestriel, le ministre des Finances et du Budget s'est voulu rassurant sur l'état des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Il a affirmé que les négociations se déroulent « très bien », et ce, malgré la complexité du dossier. Le ministre a évoqué ce qu'il qualifie de « plus grand cas de dissimulation » d’une dette impliquant l'institution financière.
Pour rappel, les nouvelles autorités sénégalaises affirment avoir découvert des engagements financiers non publiés, contractés entre 2019 et 2024 sous l'ancien régime, des accusations rejetées par l'ex-président Macky Sall. Selon le gouvernement actuel, ces zones d'ombre ont propulsé le taux d’endettement du Sénégal à un niveau historique de 132% du PIB.
Dans le cadre du règlement de ce dossier, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a personnellement rencontré les dirigeants du FMI cette semaine à Nairobi, en marge d'un sommet franco-africain, afin de consolider le partenariat avec les bailleurs de fonds.