Finances publiques : le déficit maîtrisé à 1,4% du PIB et 1 149 milliards de recettes au premier trimestre 2026 (Rapport)



Le ministère des Finances et du Budget a publié le Rapport trimestriel d’exécution du budget (RTEB) au 31 mars 2026, affichant un déficit budgétaire maîtrisé à 333 milliards de FCFA, soit seulement 1,4% du PIB pour une cible annuelle de 5,37%. Cette performance, conforme aux exigences de transparence de la loi organique relative aux lois de finances, s'explique par la solidité des recettes internes et une progression contenue des dépenses de l'État, et ce, en dépit d'un environnement international fortement perturbé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la crise énergétique dans le détroit d'Ormuz.
 
Des recettes fiscales portées par le secteur extractif

Les recettes globales du budget général ont atteint 1.149,7 milliards de FCFA à fin mars 2026, ce qui représente un taux de réalisation de 19,4% de l’objectif annuel inscrit dans la Loi de finances initiale (LFI). En glissement annuel, les ressources totales de l'État progressent de 11,9%.
 
Cette dynamique positive repose quasi exclusivement sur les recettes fiscales, qui s'établissent à 1.095,7 milliards de FCFA, atteignant 96,2% de leur cible trimestrielle. Cette hausse de 14,1% par rapport à l'année dernière découle de la bonne tenue des impôts directs, largement soutenus par l'impôt sur les sociétés du secteur pétrolier et gazier grâce à des paiements anticipés des opérateurs extractifs. L'impôt sur le revenu affiche en revanche une moins-value temporaire liée au profil saisonnier des recouvrements et au faible niveau de la retenue à la source sur les revenus pétroliers.
 
Dans le domaine des impôts indirects, la consommation intérieure reste le principal moteur de croissance avec une performance notable de la TVA intérieure hors pétrole. À l'inverse, la TVA et les taxes spécifiques sur les produits pétroliers subissent les contraintes du régime de détaxation partielle et des politiques de régulation des prix à la pompe. Les droits de porte douaniers connaissent également une légère sous-réalisation, imputable à un repli des importations en début d’année et à des résistances initiales face aux nouvelles mesures douanières sur les véhicules. Les droits d'enregistrement et de timbre se distinguent par une forte progression, stimulée par l’accélération des transactions immobilières dans l’agglomération dakaroise et la régularisation de dossiers antérieurs.

Enfin, les recettes issues du Plan de redressement économique et social (PRES) entament une montée en régime progressive, bien que freinée par des difficultés opérationnelles sur certaines taxes spécifiques.
 
Des dépenses publiques modérées et un Fonds de retraite excédentaire

Du côté des charges, les dépenses totales du budget général s'élèvent à 1.482,7 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution modéré de 20,6% des prévisions annuelles. Les dépenses ordinaires s'élèvent à 1.185,5 milliards de FCFA, principalement absorbées par les transferts courants et les dépenses de personnel de la fonction publique. Les charges financières de la dette publique se chiffrent à 285 milliards de FCFA, majoritairement consacrées aux obligations extérieures. Fidèles au rythme budgétaire habituel, les dépenses en capital restent encore timides en ce début d'année, s'établissant à 297,2 milliards de FCFA, les investissements publics sur ressources internes et extérieures devant monter en puissance au cours des prochains trimestres.
 
Le secteur parapublic et les organismes de l'État affichent une exécution globale de 13,4% de leur budget annuel cumulé, principalement orientée vers le fonctionnement. Quant au Fonds national de retraite (FNR), il confirme sa bonne santé financière en dégageant un solde excédentaire de 12,9 milliards de FCFA, en amélioration par rapport à l'année précédente, grâce à une augmentation de plus de 8% du nombre de cotisants au sein de l'administration.
 
Un choc pétrolier mondial sous surveillance

Cette trajectoire budgétaire encourageante a été réalisée dans un contexte économique mondial pourtant réorienté à la baisse. L'escalade des conflits au Moyen-Orient et le blocage partiel du détroit d'Ormuz ont provoqué un nouveau choc pétrolier, poussant le Fonds monétaire international (FMI) à abaisser ses prévisions de croissance mondiale à 3,1% et à relever sa projection d'inflation à 4,4%.
 
Si l'économie sénégalaise maintient son dynamisme interne dans le prolongement de sa croissance de l'année précédente, la flambée des cours internationaux du brut fait peser un risque direct sur les finances publiques nationales, notamment à travers le mécanisme des subventions étatiques à l'énergie qui pourrait fragiliser les équilibres initialement prévus.


Lundi 15 Juin 2026 18:34


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