Ces pays tiers rejettent en bloc la possibilité d'accueillir des migrants refoulés par l'Europe dans des centres de tri. Le Maroc dénonce ce qu'il qualifie de solutions « faciles » et de « mécanismes contre-productifs ». Rabat refuse l'externalisation de la gestion des flux migratoires hors des frontières de l'UE.
Dans les faits, l'Europe met pourtant tout en oeuvre pour y parvenir. En Libye et en Tunisie, les 28 ont entraîné durant les derniers mois des garde-côtes. Ils sont désormais incités à ramener dans leurs pays respectifs les migrants qu'ils auraient sauvés dans les eaux internationales. En dépit de moyens limités, les garde-côtes libyens ont sauvé et ramené en Libye 8 000 migrants pour le seul mois de juin.
Côté tunisien, les autorités refusent toujours de recevoir 40 migrants repêchés dans les eaux internationales et refoulés par la France, l'Italie et Malte. Durant sa visite cette semaine en Tunisie, le secrétaire d'Etat belge aux Migrations a tenté, en vain, de convaincre Tunis d'accueillir des migrants cherchant à atteindre l'Europe.
Des ONG tunisiennes exhortent Tunis à accueillir le bateau bloqué au large depuis plus de 5 jours, tout en exprimant leur refus que la Tunisie soit mise face au fait accompli des « nouveaux choix européens d'externalisation de leurs frontières ».
Le gouvernement nigérien a accepté d'accueillir des candidats réfugiés évacués de Libye, où ils ont vécu l'horreur. Ces migrants pourront ensuite obtenir l'asile en Europe. Un modèle d'immigration légale saluée par le président du Parlement européen qui a visité un centre de transit, à Niamey, dans la capitale nigérienne.