Grand Magal 2026 : à Colobane, les départs vers Touba s’intensifient dans la ferveur (REPORTAGE)



À quelques jours du Grand Magal de Touba, prévu le 2 août 2026, la gare routière de Colobane (Dakar) est en pleine effervescence. Voyageurs chargés de bagages, chauffeurs qui interpellent les passagers, les klaxons incessants et véhicules prêts à prendre la route : l’ambiance témoigne de l’importance de ce rendez-vous religieux qui rassemble chaque année des milliers de fidèles venus des quatre coins du Sénégal.

Pour de nombreux chauffeurs, cette période représente bien plus qu’une activité professionnelle. C’est avant tout un engagement spirituel.
«Les gens commencent à partir de plus en plus nombreux. Les prix sont de 10 000 FCFA pour les places en particulier, 15 000 FCFA selon les véhicules et les minicars sont à 5 000 FCFA », explique Fallou Mbaye, chauffeur.

Malgré l’affluence et les longues heures de route, il affirme exercer son métier avec enthousiasme.  «Pour moi, il n’y a pas de difficulté. C’est un plaisir de travailler pour Serigne Touba. Si c’était possible, on ferait le Magal tous les six mois», dit-il.  Concernant les contrôles routiers, il estime que la situation s’est améliorée. «On est dans le même cas que tout le monde. On a moins de problèmes qu’avant. Si tu as tes papiers, tu passes. Sinon, on te verbalise et tu paies. »

Pour la question relative aux accidents, Fallou poursuit : « Les accidents, seul Dieu protège, mais l’essentiel est de rester vigilant et prudent. ». Pour lui, le trajet n’est pas facile mais il faut prôner la prudence pour éviter tout risque. 
 
Tous les chauffeurs ne partagent cependant pas ce point de vue. Modou Kagny chauffeurs de véhicules particuliers à Colobane, qui dessert habituellement Touba, Mbour et Thiès, décrit une réalité plus difficile.
« Le trajet vers Touba est fatigant. La majorité des clients ne veulent pas payer plus de 10 000 FCFA pour les voitures particulières. En ce moment, je préfère faire Mbour ou Thiès parce que ça rapporte plus. Demain, je reprendrai les trajets vers Touba, mais j’y vais avec réticence».

Il évoque également les difficultés rencontrées en route. «Les passagers te demandent souvent de les déposer dans différents quartiers. Il y a aussi les routes sablonneuses et certains endroits où il y a de l’eau, à Touba les inondations sont fréquentes lors de la saison des pluies. On peut même tomber en panne. » souligne t- il, en précisant que le voyage peut durer cinq heures ou même davantage.

Des voyageurs enthousiastes

Du côté des voyageurs, la joie de participer au Magal l’emporte largement sur les contraintes du déplacement. Venue de Pikine avec sa tante, Haby Ndiaye, qui se rend à Touba, Niarry Baye Fall se réjouit de pouvoir effectuer le voyage. « C’est le Grand Magal. Les prix sont accessibles. Les chauffeurs essaient parfois d’augmenter les tarifs, mais on ne se laisse pas faire, ce sont nos amis. Tout se passe bien. ».
Elle estime aussi que la circulation est plus fluide qu’auparavant. « Avec l’autoroute à péage, c’est plus rapide. Les embouteillages sont surtout à Touba. Mais tout est un plaisir. On aime Serigne Touba. Vive le Magal ! » souligne-t-elle.
 
Même enthousiasme chez Mouhamed Diop, en partance pour le Magal. «J’ai hâte de partir. Les prix sont abordables. Ils varient entre 5 000 et 15 000 FCFA selon qu’on voyage en car ou en voiture particulière. ».S’il reconnaît que la chaleur dans les véhicules peut rendre le trajet pénible, cela ne diminue en rien sa motivation. « À part la chaleur dans les cars, tout va bien. On supporte tout parce que c’est le Magal. C’est un énorme plaisir pour nous. »

Selon les déclarations de Serigne Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma, président de la commission Culture et Communication du comité d'organisation, l'affluence devrait être équivalente ou supérieure à celle de l'édition précédente qui avait recensé officiellement 6 594 000 visiteurs.


Oumy Diallo (stagiaire)

Vendredi 31 Juillet 2026 11:41


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