Grève générale du 21 au 23 octobre : le ministère de la Fonction publique juge le mot d'ordre «illicite»



Au Sénégal, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a réagi à la grève générale annoncé par les centrales syndicales pour les 21, 22 et 23 octobre 2026. Dans un communiqué, il indique avoir «pris connaissance du mot d'ordre de grève générale» qui vise «à la fois les secteurs public, parapublic et privé, sur la base d'un préavis unique notifié» au ministère.

Un préavis unique qui «ne saurait servir de base légale»

Tout en reconnaissant «le droit de grève», le ministère rappelle que les conditions de dépôt du préavis obéissent à «des régimes distincts». Pour les secteurs privé et parapublic, il invoque la loi n° 2026-18 du 03 septembre 2026 portant Code du Travail et la procédure prévue en ses articles 435 et suivants, qui impose que tout différend soit «immédiatement notifié à l'Inspecteur du travail et de la sécurité sociale» ou au Directeur général selon le ressort. Ce n'est qu'en cas de «non-conciliation ou de conciliation partielle qu'un préavis de trente (30) jours peut être adressé à la direction de l'entreprise».

Concernant la Fonction publique, le ministère se réfère à la loi n° 61-33 du 15 juin 1961 relatif au Statut général des fonctionnaires dont l'article 7 prévoit que les fonctionnaires ne peuvent cesser collectivement le travail «qu'après l'expiration d'un délai d'un (1) mois suivant la notification d'un préavis écrit énonçant les motifs et la durée».

Le même principe s'applique aux fonctionnaires des collectivités territoriales qui doivent notifier au président du conseil départemental ou au maire. De ce fait, "un préavis de grève unique adressé au seul ministre" et destiné à produire des effets dans la fonction publique de l'État, la fonction publique locale et les entreprises privées et parapubliques «ne saurait servir de base légale à une grève générale».

Appelle «au sens des responsabilités et à l'esprit patriotique»

Le ministère estime qu'en conséquence, «la grève déclenchée en violation de cette procédure est illicite et expose les travailleurs, outre le droit pour tout employeur d'opérer des retenues sur leurs salaires pour les jours non travaillés, à des sanctions disciplinaires et à la perte du droit aux indemnités et dommages-intérêts prévus en cas de rupture du contrat de travail».

Enfin, à moins de deux semaines des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le ministère appelle au «sens des responsabilités et à l'esprit patriotique des organisations syndicales», tout en soutenant que dans le secteur public de l'Éducation et de la Formation, «aucun préavis écrit de grève n'a à ce jour été déposé après la signature du protocole d'accord du 16 avril 2026».

Dia Koussa

Mardi 20 Octobre 2026 14:47


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