Guadeloupe: le patronat doit faire un "effort", selon Jean-Claude Mailly

Le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly a appelé samedi le patronat à faire un "effort" dans le conflit social en Guadeloupe et le gouvernement à rajouter de l'argent si nécessaire, observant que les propositions étaient "encore loin" des revendications des syndicats. Il a également déploré le "retard à l'allumage" de l'Etat face à la crise.



"D'abord, c'est aux employeurs de faire maintenant l'effort et puis on ne sait jamais, l'Etat peut être éventuellement resollicité", a jugé Jean-Claude Mailly sur France Info.

Notant que les organisations patronales, "si elles en sont entre 50 et 70 euros", sont "encore loin" des 200 euros demandés par les syndicats, le secrétaire général de FO s'est déclaré "persuadé" que les "grosses entreprises qui contrôlent la plus grande partie de l'activité économique" de l'île ont "les moyens" de répondre aux revendications des syndicats.

"Pour les autres, je rappelle quand même qu'il y a un effort fait à travers des allègements de cotisations, donc de charges pour les entreprises", a-t-il dit, exhortant les employeurs à "bien" réfléchir ce week-end et à faire de "meilleures propositions" en prévision des négociations qui "vont reprendre lundi matin".

Le conflit "devrait être réglé depuis le 8 février", époque à laquelle les parties étaient "très très proches d'un accord", a remarqué Jean-Claude Mailly. "Donc, il est difficilement compréhensible, qu'y compris sur la question salariale, on soit en dessous des propositions du 8 février".

Interrogé par ailleurs sur l'attitude du gouvernement, Jean-Claude Mailly a estimé que l'Etat avait "mis le temps". "Au départ, il a eu du retard à l'allumage" et "depuis le 8 février, ça traînait beaucoup. Il a y compris fallu" que les syndicats "exigent" le 18 février que "l'on démarre la réunion du sommet dit 'social' par cette question de la Guadeloupe", a-t-il souligné.

Le patronat a "fait de nouvelles propositions mais maintenant, l'Etat doit bien regarder. S'il manque encore quelque chose, il faut qu'il le rajoute", a-t-il dit. A ses yeux, l'Etat peut "éventuellement" mettre plus d'argent sur la table, "si c'est nécessaire" et "si c'est pour débloquer une situation".

Invité à s'exprimer sur un sondage paru samedi dans "Le Figaro" selon lequel 63% des Français estiment que "le conflit et les violences" en Guadeloupe peuvent s'étendre en métropole, Jean-Claude Mailly a noté qu'"il y a (une) tension plus que forte" dans le département d'outre-mer. Mais "on n'en est pas à l'extension du conflit", a-t-il considéré, même s'"il y a aussi tension en métropole. On l'a vu le 29 janvier et on le verra encore dans les semaines à venir". AP


AP

Samedi 21 Février 2009 09:59


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