Guerre au Soudan: armée et paramilitaires se renforcent dans l’État du Nil Bleu, au sud-est du pays



Suite aux attaques intensives lancées par les Forces de soutien rapide (FSR) et le Mouvement populaire/Nord, dans plusieurs zones du Nil Bleu, les FSR ont annoncé jeudi dernier avoir pris le contrôle des bases militaires de Bakouri et Sirkom, au sud-est de Damazin, capitale de cet État du sud-est du Soudan.

Selon l'armée, la brigade d’élite du Service de sécurité et de renseignements est désormais déployée sur l'axe menant à Bakouri.

Durant la semaine précédente, l'armée affirme avoir abattu trois drones qualifiés d'« hostiles » et qui avaient franchi la frontière de l’Éthiopie vers l’État du Nil Bleu.

Forte activité à la frontière éthiopienne
Une analyse du 28 août du Laboratoire de recherche humanitaire de l’université américaine de Yale montre que la partie éthiopienne de la frontière a connu une activité militaire remarquée, 100 véhicules armés étant arrivés à la base éthiopienne d’Asosa en seulement cinq jours.

Des véhicules de transports de troupes, des remorques, des camions et des conteneurs, figurent également parmi le lot, transporté vers l'aéroport d'Asosa en provenance d'Abou Dhabi. Ces équipements militaires sont, selon Khartoum, destinés aux FSR au Nil Bleu.

Mardi, Yasser al-Atta, chef d'état-major de l'armée soudanaise, a évoqué des mouvements militaires de grande envergure dans les prochains jours vers les différents fronts, affirmant que les Émirats arabes unis « ne pourront pas stopper la progression de l'armée ». Car « nous défendons notre peuple et notre terre », a-t-il lancé.

Éthiopie et Soudan partagent une longue frontière qui n’a jamais été uniquement une ligne de démarcation entre deux pays, mais une extension entremêlée de batailles, de corridors de mouvements, de sphères d’influence et de chevauchements sécuritaires.

À un moment où les développements militaires et politiques s’accélèrent des deux côtés de la frontière commune entre le Soudan et l'Éthiopie, le déplacement du commandant des Forces de soutien rapide (FSR) Mohamed Hamdane Dogolo dit Hemedti à Addis-Abeba et sa rencontre avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, vendredi dernier, ont suscité des interrogations sur la nature de cette visite, son importance et son timing.

Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait plus de 200 000 morts, selon les travailleurs humanitaires, et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes, dans ce qui constitue, affirme l'ONU, la plus grave crise humanitaire du monde.

RFI

Jeudi 3 Septembre 2026 10:32


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