Guinée-Bissau: dépouillement en cours après une participation timide au référendum constitutionnel



En Guinée-Bissau, le dépouillement a commencé dimanche 30 août 2026 après la fermeture des bureaux de vote pour le référendum constitutionnel voulu par la junte au pouvoir depuis novembre dernier. Les électeurs étaient appelés à approuver ou rejeter une réforme qui doit faire passer le pays d’un régime semi-parlementaire, jugé instable par les autorités de transition, à un régime présidentiel fort. Malgré une affluence apparue limitée dans de nombreux bureaux de vote au cours de la journée, la Commission électorale a annoncé un taux de participation de 55 %.

Les bureaux de vote ont fermé à 17 h TU en heure locale et le dépouillement a désormais commencé. Les résultats pourraient être connus mardi, selon une source au sein de la Commission électorale. À la mi-journée de ce dimanche, la participation était « raisonnable », selon un porte-parole de la commission électorale, « faible », selon l’opposition.
 
À Bissau, la capitale où il a plu toute la matinée, les électeurs arrivaient au compte-gouttes dans les bureaux de vote dès 14 h, voire plus du tout dans certains d’entre eux. L’opposition, qui avait appelé au boycott du référendum pour dénoncer ses conditions d’organisation – mais aussi, un climat de restrictions des libertés publiques –, a rapidement fait circuler des photos de bureaux de vote plus ou moins déserts dans la capitale.
 
Dans le reste du pays, la situation a été contrastée. Dans la région de Bafatá, dans l’est, où les électeurs ont voté par petits groupes dans le calme, assure la Commission électorale. Celle-ci affirme avoir déployé des forces de sécurité dans l’ensemble des bureaux de vote. Le vote s’est en revanche déroulé en ordre dispersé dans la région de Gabú, dont est originaire le président sortant. Peu de votants ont également été observés dans les régions agricoles du sud, notamment vers Quinara et Tombali, en pleine saison des pluies.
 
Une partie de la société civile et les formations d’opposition veulent y voir l’effet de leur appel au boycott. Dans la soirée, le Front populaire, une plateforme de la société civile regroupant plus de 50 organisations, s’est réjoui de ce qu’elle qualifie de boycott « historique » du référendum, une consultation qu’elle juge « anticonstitutionnelle et illégale », car organisée par un pouvoir de transition non élu et qui consacre un régime hyperprésidentiel.
 
La Commission électorale a de son côté annoncé un taux de participation de 55 %. Aucun observateur international ou indépendant n’était présent pour ce référendum.
 
Une réforme contestée par l’opposition

Ce scrutin référendaire est une étape clé précédant les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour au pouvoir des civils, mais le climat politique est tendu dans le pays. Cette réforme de la Constitution ne fait, en tout cas, pas l’unanimité. Les partis d’opposition dénoncent notamment la réécriture en profondeur de la loi fondamentale par un pouvoir de transition non élu et sans dialogue avec l’ensemble des forces vives de la nation.
 
Les électeurs ont été appelés à répondre par « oui » ou par « non » à la question « Êtes-vous d'accord sur l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ? ». Parmi les principaux changements, le nouveau texte prévoit notamment plus de pouvoirs pour le chef de l'État qui pourra nommer et révoquer le Premier ministre, tout comme le gouvernement, et dissoudre le Parlement. Autre changement majeur : une diminution à la fois du nombre de parlementaires, qui de 102 passeront à 65, et du nombre de districts, de 29 à 12, officiellement pour réduire les dépenses publiques.

RFI

Lundi 31 Aout 2026 13:31


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