Guinée Conakry: les activités politiques et syndicales restent interdites

Le rendez-vous entre le chef de la junte et les forces vives guinéennes était très attendu et très important. Pour la première fois depuis que les militaires ont pris le pouvoir le 23 décembre dernier, le capitaine Moussa Dadis Camara qui dirige le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a reçu, lundi après- midi, les dirigeants des partis politiques, syndicats et représentants de la société civile, au siège de l'Assemblée nationale de Conakry. Il y avait beaucoup de monde mais le président autoproclamé de Guinée n'a pas - pour autant - apaisé toutes les inquiétudes de ses concitoyens. Tous espèrent des élections d'ici à la fin 2009, même s'il reste encore des choses à éclaircir.



La syndicaliste Rabiatou Serah Diallo - dirigeante de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et figure de la résistance au régime du président Lansana Conté, décédé le 22 décembre dernier après 24 ans de règne - a demandé la « levée immédiate de la suspension d’activité qui frappe les partis et syndicats ». Mais le capitaine Moussa Dadis Camara a répondu : « Ce cadre-là n’est pas le lieu propice pour lever la suspension ». L’autoproclamé président a justifié son refus en rappelant : « nous sommes sous un régime d’exception ». Il a également souligné que cette suspension était appliquée « pour éviter l’anarchie et le chaos ».

Cette réunion entre le capitaine Moussa Dadis Camara et les représentants des forces vives s’est tenue en présence du Premier ministre désigné par la junte, Kabiné Komara, les membres de son gouvernement et des chefs religieux. Samedi dernier, le CNDD avait annoncé qu’il avait demandé au ministre de l’Administration du territoire et des Affaires politiques ainsi qu’au président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) « de prendre toutes les dispositions afin que les opérations électorales puissent se dérouler avant la fin du dernier trimestre 2009 ». Au lendemain du putsch du 22 décembre 2008, la junte avait promis d’organiser des élections fin décembre 2010, puis s’est pliée aux critiques des partis et organisations internationales qui jugeaient ce délai beaucoup trop long.

Le gouvernement français a considéré, lundi, que l’annonce des élections libres, transparentes et crédibles en Guinée, au quatrième trimestre 2009, constitue un « signe encourageant ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, a ajouté que la diplomatie française va suivre « avec attention la mise en œuvre de la transition et la préparation des élections en Guinée, notamment les décisions relatives au recensement, au calendrier, au budget et au rétablissement des conditions nécessaires à l’exercice des libertés politiques et syndicales ».
Source:RFI

RFI

Mardi 10 Février 2009 17:08


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