Haïti: des membres de la MMAS accusés d'exploitation et de violences sexuelles

Un rapport de l'ONU publié en février fait état de plusieurs cas d'exploitation et de violences sexuelles impliquant des membres de la Mission multinationale d'appui à la sécurité en Haïti, la MMAS. Cette force, essentiellement composée de policiers kényans, avait été déployée à partir de 2024 pour appuyer la police contre les gangs.



Les enquêtes menées par le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ont permis de confirmer quatre cas d'exploitation et de violences sexuelles impliquant des membres de la Mission multinationale d'appui à la sécurité en Haïti. 

Fritznel Pierre est membre du comité de pilotage de la MMAS, un comité chargé de veiller au respect des droits humains. Les faits identifiés ont eu lieu dans la commune de Petite-Rivière-de-l'Artibonite, mais, selon lui, les cas ont, en réalité, été beaucoup plus nombreux.

« Ce genre de situation devient légion au niveau de Petite-Rivière-de-l'Artibonite, dénonce-t-il. Je veux parler des policiers kényans. Ils ont profité du fait qu'il n'y a pas beaucoup de regards qui sont jetés sur eux, et ils ont institué un programme de prostitution avec les mineurs. Et ce qui est le plus dur dans tout ça, c'est que même les mineurs se sont impliqués dans ce genre d'activités. »

Le douloureux souvenirs de la Minustah
L'affaire réveille de douloureux souvenirs dans le pays. En 2014, la Minustah, la Mission de l'ONU pour la stabilisation en Haïti, avait enregistré 13 signalements d'exploitation et de violences sexuelles.

Entre 2004 et 2007, plus d'une centaine de soldats sri-lankais de l'ONU avaient exploité des enfants dans un réseau de prostitution.

Une répétition qui inquiète, au moment même où les premiers soldats tchadiens de la Force de répression des gangs viennent d'arriver en Haïti. Une mission, elle aussi, validée par les Nations unies.


Samedi 4 Avril 2026 10:12


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