Hausse des prix, pénurie, mouvements sociaux : le Sénégal de 2022



De la hausse des prix de denrées de premières nécessités passant la pénurie de carburant aux mouvements sociaux, le premier trimestre de 2022 ne se présente pas bien au Sénégal.

Le système de santé public du Sénégal était touché jeudi par des grèves controversées lancées pour protester notamment contre les poursuites judiciaires visant six sages-femmes, après le décès d'une femme enceinte à Louga qui a ému le pays.

Parmi plusieurs mouvements, on comptait celui de l'Association nationale des sages-femmes, qui a décrété une "journée sans accouchement", avec un boycott des maternités, et reçu le soutien d'une centrale syndicale formée notamment de médecins.

Après cette journée de grève, s’en suit ce vendredi celle de Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS). Les pharmaciens privés du Sénégal ont baissé leurs rideaux, en guise de soutien au docteur Aïcha Goundiam Mbodji, la propriétaire de la Grande Pharmacie dakaroise.

En effet, ces pharmaciens dénoncent la décision prise par le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr de retirer le droit de transfert au Dr Aïcha Goundiam Mbodj, propriétaire de la pharmacie Dakaroise, sur son ancien site déjà occupé par une autre officine. Le constat montre que plusieurs pharmacies du Plateau (centre-ville de Dakar) et les régions ont suivi le mot d’ordre de grève.

Pénurie de carburant et de Kérosène

L’invasion de l’Ukraine et les sanctions économiques contre la Russie ont des conséquences importantes sur les prix des minerais, de l’énergie et des produits agricoles. Depuis le début de la semaine, le Sénégal a été alerté sur une éventuelle pénurie de Kérosène et de carburant.

Des véhicule en bataille dans des stations-services, à la recherche de carburant, des avions cloués au sol ou obligés de faire le plein au départ avant de se poser l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass ou des commerçants contraints de casser le prix fort, notamment en cette période de ramadan, pour se procurer un produit de consommation courante. C’est l’image qu’offre le Sénégal depuis quelque jour.

Mais les Sénégalais peuvent se sentir un peu soulagés, du moins, pour le moment, avec les assurances du ministre de l’Energie et du Pétrole. Sophie Gladima, a assuré de la disponibilité en quantité suffisante du diesel et de l’essence, estimant que les perturbations notées dernièrement étaient liées aux lenteurs du déchargement et de l’acheminement de ces produits dans les dépôts de stockage.

Elle a fait savoir que « nous avons actuellement, au total, 43 500 tonnes de diesel et d’essence. Un autre navire en attente avec une quantité de 26 000 tonnes va décharger une fois que les deux autres auront fini de décharger ». Mais pour le cas du Kérosène, rien n’a encore été fait concrètement. Le gouvernement compte sur le redémarrage des activités de la Société africaine de raffinerie (SAR), seul moyen efficace pour faire face aux pénuries.

N’est-il pas temps que l’Afrique et particulièrement le Sénégal commence à être indépendant ? L’espoir est peut-être permis avec l’attente des premiers barils du pétrole en 2023.

Salif SAKHANOKHO

Vendredi 22 Avril 2022 16:07


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