Au lendemain de la publication du bilan provisoire de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers du Grand Magal 2026, faisant état de 25 morts et 652 victimes recensées dans des accidents de la route, l'expert et formateur en transport et sécurité routière, Ibrahima Ndongo, estime que les importants moyens mobilisés par l'État n'ont pas permis d'enrayer le phénomène. Au cours d'une interview exclusive à PressAfrik, il plaide pour la création d'un laboratoire national d'analyse des accidents, condition indispensable, selon lui, pour élaborer une politique de sécurité routière efficace.
Interpellé sur ce bilan, l'expert reconnaît les efforts consentis par les pouvoirs publics, avec le déploiement de 4 000 policiers, 3 000 gendarmes et plus de 1 000 sapeurs-pompiers, en plus du personnel médical. Toutefois, il considère que les résultats demeurent insuffisants. « Au regard des moyens déployés par l'État, on ne peut pas dire que c'est une réussite. Ce n'est peut-être pas un échec total, mais cela y ressemble », affirme-t-il.
Selon lui, le principal problème réside dans l'absence de données scientifiques permettant d'identifier les causes réelles des accidents. Les statistiques des sapeurs-pompiers, explique-t-il, ne couvrent que la phase préhospitalière et ne permettent pas de connaître le nombre de victimes qui succombent à leurs blessures après leur admission à l'hôpital. Ibrahima Ndongo regrette surtout l'absence d'enquêtes techniques systématiques après les accidents. « On ne réalise ni prélèvements, ni expertises techniques sur les véhicules, ni enquêtes approfondies sur les personnes impliquées », déplore-t-il.
Pour illustrer son propos, il compare l'accidentologie à la médecine. De la même manière qu'un médecin ne pose pas un diagnostic sans examens complémentaires, il estime qu'il est impossible de déterminer les causes exactes des accidents sans investigations scientifiques. « Personne ne peut dire aujourd'hui si les accidents sont principalement dus à la fatigue, à l'alcool, au sommeil ou au temps de conduite. Tant que ces données n'existeront pas, aucune stratégie efficace ne pourra être mise en place », soutient-il. L'expert plaide ainsi pour la création d'un laboratoire national d'analyse des accidents de la route afin de disposer d'indicateurs fiables pouvant orienter les politiques publiques.
Au-delà de cet outil, Ibrahima Ndongo recommande le renforcement de la formation des conducteurs professionnels à travers des sessions régulières de remise à niveau. Selon lui, les statistiques issues des analyses permettraient d'adapter les programmes de formation aux causes réelles des accidents, qu'il s'agisse de la vitesse, de la fatigue, de l'alcool ou d'autres facteurs. Il estime par ailleurs que, malgré les conseils présidentiels, les réunions interministérielles, les campagnes de sensibilisation et les investissements importants réalisés par l'État, les résultats restent insuffisants. « Malgré les moyens colossaux investis sur les plans financier, matériel et humain, les accidents continuent de se multiplier. L'objectif recherché n'est pas atteint », affirme-t-il.
L'expert rappelle également le poids économique de l'insécurité routière. S'appuyant sur une étude du Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), financée par la Banque mondiale, il indique que les embouteillages, la pollution et les accidents de la route coûtent plus de 830 milliards de francs CFA par an à l'économie sénégalaise.
À ses yeux, les investissements devraient davantage privilégier le renouvellement du parc automobile plutôt que son simple renforcement. « Il faut retirer progressivement les véhicules vétustes de la circulation pour les remplacer par des véhicules modernes et mieux équipés », explique-t-il, évoquant notamment l'intégration de chronotachygraphes permettant de contrôler le temps de conduite des chauffeurs. S'agissant du nouveau Code de la route, Ibrahima Ndongo émet également des réserves quant à son application effective. Selon lui, plusieurs dispositions risquent de demeurer théoriques si elles ne tiennent pas compte des réalités du secteur et n'associent pas l'ensemble des acteurs, notamment les usagers.
Il souligne que ces derniers représentent l'écrasante majorité des victimes de la route, alors qu'ils sont liés aux transporteurs par un contrat de transport. Enfin, l'expert attire l'attention sur les difficultés rencontrées par les victimes dans les procédures d'indemnisation auprès des compagnies d'assurance. Il appelle l'État à mettre en œuvre une politique de transport et de sécurité routière plus cohérente, équitable et centrée sur la protection des usagers. « L'État doit définir une véritable politique de transport et de sécurité routière qui protège efficacement les citoyens et garantisse une meilleure prise en charge des victimes », conclut-il.
Interpellé sur ce bilan, l'expert reconnaît les efforts consentis par les pouvoirs publics, avec le déploiement de 4 000 policiers, 3 000 gendarmes et plus de 1 000 sapeurs-pompiers, en plus du personnel médical. Toutefois, il considère que les résultats demeurent insuffisants. « Au regard des moyens déployés par l'État, on ne peut pas dire que c'est une réussite. Ce n'est peut-être pas un échec total, mais cela y ressemble », affirme-t-il.
Selon lui, le principal problème réside dans l'absence de données scientifiques permettant d'identifier les causes réelles des accidents. Les statistiques des sapeurs-pompiers, explique-t-il, ne couvrent que la phase préhospitalière et ne permettent pas de connaître le nombre de victimes qui succombent à leurs blessures après leur admission à l'hôpital. Ibrahima Ndongo regrette surtout l'absence d'enquêtes techniques systématiques après les accidents. « On ne réalise ni prélèvements, ni expertises techniques sur les véhicules, ni enquêtes approfondies sur les personnes impliquées », déplore-t-il.
Pour illustrer son propos, il compare l'accidentologie à la médecine. De la même manière qu'un médecin ne pose pas un diagnostic sans examens complémentaires, il estime qu'il est impossible de déterminer les causes exactes des accidents sans investigations scientifiques. « Personne ne peut dire aujourd'hui si les accidents sont principalement dus à la fatigue, à l'alcool, au sommeil ou au temps de conduite. Tant que ces données n'existeront pas, aucune stratégie efficace ne pourra être mise en place », soutient-il. L'expert plaide ainsi pour la création d'un laboratoire national d'analyse des accidents de la route afin de disposer d'indicateurs fiables pouvant orienter les politiques publiques.
Au-delà de cet outil, Ibrahima Ndongo recommande le renforcement de la formation des conducteurs professionnels à travers des sessions régulières de remise à niveau. Selon lui, les statistiques issues des analyses permettraient d'adapter les programmes de formation aux causes réelles des accidents, qu'il s'agisse de la vitesse, de la fatigue, de l'alcool ou d'autres facteurs. Il estime par ailleurs que, malgré les conseils présidentiels, les réunions interministérielles, les campagnes de sensibilisation et les investissements importants réalisés par l'État, les résultats restent insuffisants. « Malgré les moyens colossaux investis sur les plans financier, matériel et humain, les accidents continuent de se multiplier. L'objectif recherché n'est pas atteint », affirme-t-il.
L'expert rappelle également le poids économique de l'insécurité routière. S'appuyant sur une étude du Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), financée par la Banque mondiale, il indique que les embouteillages, la pollution et les accidents de la route coûtent plus de 830 milliards de francs CFA par an à l'économie sénégalaise.
À ses yeux, les investissements devraient davantage privilégier le renouvellement du parc automobile plutôt que son simple renforcement. « Il faut retirer progressivement les véhicules vétustes de la circulation pour les remplacer par des véhicules modernes et mieux équipés », explique-t-il, évoquant notamment l'intégration de chronotachygraphes permettant de contrôler le temps de conduite des chauffeurs. S'agissant du nouveau Code de la route, Ibrahima Ndongo émet également des réserves quant à son application effective. Selon lui, plusieurs dispositions risquent de demeurer théoriques si elles ne tiennent pas compte des réalités du secteur et n'associent pas l'ensemble des acteurs, notamment les usagers.
Il souligne que ces derniers représentent l'écrasante majorité des victimes de la route, alors qu'ils sont liés aux transporteurs par un contrat de transport. Enfin, l'expert attire l'attention sur les difficultés rencontrées par les victimes dans les procédures d'indemnisation auprès des compagnies d'assurance. Il appelle l'État à mettre en œuvre une politique de transport et de sécurité routière plus cohérente, équitable et centrée sur la protection des usagers. « L'État doit définir une véritable politique de transport et de sécurité routière qui protège efficacement les citoyens et garantisse une meilleure prise en charge des victimes », conclut-il.