Incendie mortel à l’hôpital de Linguère : l’ex-Directeur général et deux autres agents mouillent les autorités sanitaires



L’ex-directeur général de l’hôpital de Linguère, au nord du Sénégal, Dr Abdou Sarr et deux agents de ladite structure ont tous rejeté les griefs retenus contre eux, comme à l'enquête préliminaire sur l’incendie qui a couté la vie à 6 nouveau-nés. Ils ont indexé les autorités sanitaires face aux hommes du commandant Diallo.

Khady Seck, aide-infirmière chargée de la surveillance de la salle néonatale, s'est voulue formelle : «Je regrette la mort des quatre bébés prématurés, je sais ce que représente un enfant pour ses parents. Je suis certes chargée de surveiller, l'unité néonatale, mais elle n'est pas dotée de place assise ni de salle de garde, donc je ne pouvais y rester en permanence, d'autant qu'elle devrait être fermée hermétiquement pour conserver la température ambiante. Et puis la salle est étroite. Ce jour-là, je faisais partie de l'équipe qui faisait le tour des salles, c'est pourquoi je me suis absentée un long moment. Nous avions tous la volonté de bien faire... », a-t-il dit dans L’Observateur.

Plus radicale, Fatou Sy, cheffe du service de la pédiatrie, a indexé les autorités sanitaires du pays. «J'ai capitalisé une expérience de 11 ans dans le domaine de la santé. Je suis affectée à Linguère depuis 2017 de comme infirmière. L'hôpital n'ayant pas de le pédiatre de formation, j'ai accepté d'assumer cette charge pour combattre les séries de mort des bébés prématurés, qui étaient référés à Louga ou à Touba. C'est pourquoi nous avions décidé de mettre en place cette salle néonatale. Nous avons plusieurs fois saisi les autorités pour avoir leur appui afin de rénover cette salle qui pouvait accueillir jusqu'à onze (11) bébés prématurés. Nous avons réussi ce pari, car la mort des enfants prématurés a fortement baissé à Linguère.

Pour preuve : l'année dernière (2020), 355 bébés prématurés ont été internés dans cette salle. Les 67% ont été bien assistés, suivis et traités. Ils sont retournés chez leurs parents (...). Les tables chauffantes de fabrication artisanale répondaient à un besoin...»
 
Interrogé en dernier lieu, Dr Abdou Sarr, l'ex-Directeur de l'hôpital départemental, a brandi son bilan qu'il juge élogieux : «Le jour du drame, je me trouvais à Diourbel, chez ma deuxième femme. Informé, j'ai instruit mon Secrétaire des affaires financières (Saf) de convoquer une réunion entre les Imans et les parents des défunts. Après, j'ai pris la route pour rallier Linguère. J'ai beaucoup fait pour cet hôpital. Aujourd'hui, ses clignotants sontau vert. Elle fait partie des rares structures hospitalières qui paient ses salaires à partir du 15. J'ai laissé dans les caisses 400 millions de francs CFA. Ceux qui me critiquent veulent tout simplement des privilèges qu'ils ne méritent pas. Je me suis battu pour que l'hôpital change de visage. (...). Depuis 2017, le ministre de tutelle (Abdoulaye Diouf Sarr) n'a affecté aucun agent à Linguère. Nous nous débrouillons seuls. Ce drame est malheureux et regrettable.» X, l'autre mis en cause, n'est pas encore identifié.

Salif SAKHANOKHO

Jeudi 6 Mai 2021 10:07


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