Investissements étrangers : l'Afrique de l'Ouest capte 20 milliards de dollars dans un paysage africain en pleine mutation



Le paysage mondial des investissements directs étrangers (IDE) traverse une période de turbulences marquée par des tensions géopolitiques et une incertitude économique accrue, selon le nouveau Rapport sur l'investissement dans le monde 2026, publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Dans ce climat, il ressort que l'Afrique fait preuve d'une robustesse notable : en 2025, bien que les flux d'IDE vers le continent aient reculé par rapport au niveau exceptionnel de 2024, ils se maintiennent à un niveau « historiquement fort » de 70 milliards de dollars. Ce chiffre représente « le troisième plus haut niveau enregistré en 25 ans » et se situe environ un tiers au-dessus de la moyenne de la période 2010-2024.

La dynamique observée en Afrique de l'Ouest se distingue par une vitalité particulière, avec une augmentation des flux de 44 % pour atteindre 20 milliards de dollars en 2025.
Cette performance, d’après le CNUCED, est notamment soutenue par des projets miniers d'envergure en Guinée, où les flux ont « plus que quintuplé », et par des investissements dans le secteur pétrolier et gazier au Nigeria.

 Le rapport souligne toutefois une mutation globale dans la nature des projets, précisant que « les méga-projets, qui avaient gonflé les chiffres de 2024, cèdent la place à un ensemble plus diversifié, bien que sélectif, d’engagements d’investisseurs ».

Sur le plan sectoriel, les investissements restent fortement concentrés sur les besoins fondamentaux et les ressources stratégiques. Les industries extractives, les hydrocarbures et l'énergie demeurent les principaux moteurs, tandis que l'intérêt pour les « minéraux critiques » (cuivre, cobalt, terres rares) s'intensifie en raison de la transition énergétique mondiale.

Parallèlement, l'infrastructure numérique émerge comme un domaine de croissance, bien que les projets en Afrique soient « généralement plus petits et plus modulaires que les méga-centres de données observés dans les économies développées ».
Malgré ces opportunités, des défis structurels persistent, limitant le potentiel de transformation économique à long terme.

Le rapport pointe notamment le fait que « la baisse du nombre de deals de financement de projets internationaux (IPF) souligne les difficultés constantes à structurer et financer des projets lourds et intensifs en capital » dans un contexte de coûts élevés.

 La CNUCED rappelle que l'enjeu majeur pour les pays africains consiste à « traduire ces avantages, notamment leurs abondantes ressources naturelles, en des flux d'investissement plus diversifiés et stables ».

Fodé Bakary Camara

Mercredi 8 Juillet 2026 14:08


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