Iran: la répression aurait fait plus de 600 morts, Trump veut sanctionner les partenaires de Téhéran

Le président américain Donald Trump a menacé lundi les partenaires commerciaux de l'Iran de sanctions douanières, au moment où selon une ONG le bilan de la répression des manifestations contre le pouvoir dépasse les 600 morts. Le pays reste coupé d'internet et Téhéran se dit prêt à répondre à toute attaque américaine.



► Les autorités iraniennes ont coupé l’accès à internet et aux réseaux téléphoniques depuis vendredi dans tout le pays pour limiter la diffusion d’images et d’informations sur les manifestations.
 
► Donald Trump a déclaré dimanche que les dirigeants iraniens avaient appelé pour « négocier » après ses menaces d'opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.
 
► Selon l'ONG Iran Human Rights, au moins 648 manifestants auraient été tués depuis le 28 décembre, début du mouvement de contestation contre le pouvoir. L'ONG Hrana, basée aux États-Unis, fait état de 10 000 arrestations par les forces de sécurité.
 
► Donald Trump a annoncé que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25%.
 
Le Premier ministre australien « condamne le régime iranien et soutient un Iran démocratique »
 
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a affirmé sur X que son pays est « solidaire du peuple iranien dans sa lutte pour la dignité et la liberté ». « Nous condamnons le régime iranien et soutenons un Iran démocratique respectueux des droits humains », a-t-il écrit sur le réseau social.
 
L'Iran a coupé l'internet en raison « d'opérations terroristes »  affirme le ministre des Affaires étrangères iranien
 
L'Iran a coupé les communications par internet le 8 janvier parce que des « opérations terroristes » avaient commencé durant les manifestations, initialement liées à des revendications économiques, a affirmé mardi le chef de la diplomatie sur la chaîne al-Jazeera. « Le gouvernement dialoguait avec les manifestants. L'internet n'a été coupé que lorsque nous avons été confrontés à des opérations terroristes et constaté que les ordres venaient de l'étranger », a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi.
 
Friedrich Merz estime que le pouvoir en Iran vit ses « derniers jours et semaines »
 
Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé mardi que le pouvoir en Iran vivait ses « derniers jours et dernières semaines », au moment où les autorités iraniennes sont accusées de réprimer dans le sang de vastes manifestations.  « Lorsqu'un régime ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence, il est de facto à bout de souffle. Je pars du principe que nous voyons là les derniers jours et semaines de ce régime », a-t-il dit au cours d'un déplacement à Bangalore, dans le sud de l'Inde, selon des propos retransmis par la télévision allemande.
 
L'Espagne convoque l'ambassadeur iranien pour « condamner » la situation
 
L'Espagne a convoqué ce mardi l'ambassadeur iranien à Madrid afin de lui exprimer son « ferme rejet et condamnation » de la répression des manifestations qui, selon des ONG, ont fait des centaines de morts en Iran, a annoncé le ministre des Affaires étrangères. « Le droit des hommes et des femmes iraniens à manifester pacifiquement, leur liberté d'expression, doit être respecté » et les « arrestations arbitraires doivent cesser », a affirmé le ministre, Jose Manuel Albares à la radio Catalunya.
 
Les liaisons téléphoniques internationales reprennent avec l'Iran, selon l'AFP
 
Les liaisons téléphoniques internationales, interrompues depuis vendredi 9 janvier, ont repris ce mardi avec l'Iran, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Le pays reste cependant privé d'internet.
 
La coupure d'internet imposée le 8 janvier en Iran dure depuis 108 heures, selon l'ONG Netblocks
La Chine « sauvegardera résolument » ses intérêts face au menace de droits de douane de Trump pour les partenaires de l'Iran
 
La Chine a déclaré mardi qu'elle défendrait « résolument » ses intérêts devant l'annonce par le président Donald Trump que les États-Unis frapperaient de droits de douane de 25% tout pays commerçant avec l'Iran, en proie à la contestation. « Nous avons toujours pensé qu'il n'y avait pas de gagnants dans une guerre commerciale, et la Chine sauvegardera résolument ses droits et intérêts légitimes », a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, au cours d'un point presse régulier.
 
Le peuple, « sans défense », a besoin de la communauté internationale, dit le réalisateur Jafar Panahi
 
La répression des manifestations en Iran frappe un peuple « sans défense » qui a besoin du soutien de la communauté internationale pour « en finir » avec le pouvoir en place, a affirmé mardi réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du dernier festival de Cannes. « Le peuple iranien est sans défense aujourd'hui et malgré tout ça, il est dans les rues », a salué le cinéaste sur la radio France Inter en dénonçant la brutalité de la répression qui a fait au moins 600 morts selon le bilan d'une organisation non gouvernementale.
 
Les médias d'État, porte-voix de la propagande du régime
 
Depuis la coupure des télécommunications par le régime il y a quatre jours ,les seules informations proviennent des des médias pro-régime. Ces médias, les seuls à encore opérer depuis la coupure des moyens de communications le 8 janvier relaient exclusivement la propagande officielle de l'État selon Reporters sans frontière. 
 
Mais l'usage des médias par le régime va plus loin. Selon Amnesty international, depuis deux semaines, le régime contraint des familles de victimes de la répression à apparaître dans les médias officiels pour attribuer ces décès à des accidents ou aux manifestants. Une pratique qui n'est pas nouvelle :  la Fédération internationale pour les droits humains a recensé plus de 860 confessions forcées d'opposants ou contenus diffamatoires diffusés par ces médias entre 2009 et 2019. Des confessions scénarisées dont l'objectif et de réduire au silence les voix d'opposition et justifier la répression.
 
Avec la coupure des communication, les seules informations non officielles arrivent au compte goute et avec un délai de 24 heures selon le directeur de l'ONG Iran Human Rights. Il redoute, avec d'autres organisations, un massacre à huis clos. 
 
Les ONG s'inquiètent d'un recours massif à la peine de mort contre les manifestants arrêtés
 
L'ONG Iran Human Rights dans un rapport publié ce lundi estime qu'au moins 648 manifestants ont été tués dont moins 9 mineurs, et des milliers d'autres sont blessés. L'ONU et de nombreuses organisations des droits de l'homme redoutent un massacre à huis-clos. Mahmood Amiry Moghaddam, directeur de l'ONG Iran Human Rights partage ces inquiétudes, d'autant que les télécommunications sont coupées depuis désormais quatre jours, et que le chiffre de morts réel pourrait être encore plus important.

RFI

Mardi 13 Janvier 2026 11:01


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