JOJ Dakar 2026: Human Rights Watch demande à Diomaye de «s'engager publiquement» à «protéger» les homosexuels



A moins de trois semaines du coup d’envoi des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ – Dakar 2026), Human Rights Watch a demandé ce lundi 12 octobre au président Diomaye Faye de «s’engager publiquement» à protéger les personnes LGBT+, dénonçant «une répression croissante» et des détentions «arbitraires» de personnes homosexuelles au Sénégal.

Dans un rapport public, l’organisation demande à Diomaye «d’ordonner la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement depuis février en vertu de l’article 319 du Code pénal (et) de s'engager publiquement, avant les Jeux olympiques de la jeunesse, à garantir que tous les participants, visiteurs et résidents seront protégés contre la discrimination et les arrestations arbitraires».

Ce rapport intervient après qu’en mars 2026, le Parlement sénégalais a adopté une loi restreignant encore plus les droits des personnes LGBT+. Elle double les peines maximales encourues pour les relations homosexuelles (qualifiées juridiquement d' «actes contre nature »), qui passent désormais de 5 à 10 ans de prison. Le texte criminalise aussi la «promotion» et le financement de l'homosexualité. Dans la foulée de l’adoption de cette loi, de nombreuses arrestations ont été opérées.

«Une répression brutale bafoue les droits»

Pour Human Rights Watch, il s’agit d’une «répression brutale (qui) bafoue les droits des personnes LGBT». L’institution de défense des Droits humains demande donc à l’Assemblée nationale «d’abroger l’article 319 dans son intégralité, y compris les dispositions du Code pénal modifié qui criminalisent la "promotion" ou la "glorification" de l’homosexualité, ainsi que le financement ou le soutien aux personnes et organisations LGBT». Elle appelle aussi à «une révision législative visant à supprimer la séropositivité au VIH en tant que circonstance aggravante». 

Enfin, Human Rights Watch appelle le gouvernement à «ouvrir une enquête sur les abus avérés commis à l’encontre des personnes LGBT et traduire les responsables en justice» et à donner des «instructions aux autorités judiciaires de faire respecter les lois nationales et internationales afin de garantir l’accès à une représentation juridique pour tous les détenus».

Charles KOSSONOU

Lundi 12 Octobre 2026 12:05


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