Justice internationale : Comment l'Afrique s'est divisée à l'ONU sur le soutien à la CPI



L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, lors de sa 81e session, une résolution d'appui au rapport annuel de la Cour pénale internationale (CPI) par 93 voix pour, 13 contre et 36 abstentions.

 Cet examen s’est déroulé dans un climat de fortes tensions diplomatiques, marqué par des sanctions imposées par les États-Unis aux responsables de la Cour et des critiques formulées par plusieurs puissances mondiales.

Au sein du continent africain, les positions exprimées lors de ce vote révèlent des orientations diplomatiques bien distinctes face à la juridiction de La Haye.

La majorité des États africains a choisi d'apporter son soutien à la résolution. Des pays tels que le Sénégal, la Guinée, le Ghana, le Nigéria, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, le Cameroun ou le Rwanda ont ainsi voté en faveur du texte, réaffirmant leur attachement au Statut de Rome et à la lutte contre l'impunité.

À l'inverse, deux pays du Sahel, le Mali et le Niger, ont exprimé leur rejet net en votant contre la résolution, s'alignant sur la position de nations comme les États-Unis et la Russie. De leur côté, plusieurs États africains ont opté pour une position neutre en s'abstenant. C'est le cas notamment de l'Algérie, de l'Égypte, de la Tunisie, de la Libye, de la Mauritanie, du Soudan, de la Somalie, de l'Eritrée, de l'Éthiopie, de la Guinée équatoriale et du Mozambique.

Au-delà des votes, les interventions des délégations africaines ont souligné la volonté de concilier justice internationale et souveraineté nationale.

La représentation du Sénégal a notamment appelé à intensifier les consultations entre la CPI, l'Union africaine et les organisations régionales, tandis que le Nigéria a plaidé pour un soutien renforcé au Fonds au profit des victimes.

Fodé Bakary Camara

Mercredi 4 Novembre 2026 21:39


Dans la même rubrique :