L’Avocat général demande de ramener la peine de perpétuité de l'agresseur à 10 ans de prison

​Condamné aux travaux forcés à perpétuité, Birame Ndiaye avait interjeté appel. Mercredi, à l’audience de la Chambre criminelle d’appel de Dakar, il était jugé de nouveau pour les faits de tentative de vol de scooter avec violence, la nuit et usage d’arme ayant entrainé une Itt de 15 jours.



 Les faits pour lesquels le nommé Birame Ndiaye a comparu hier à l’audience de la chambre criminelle d’appel remontent au 15 juillet 2015 vers 21 heures. Cette nuit-là, pris par les embouteillages au rond-point dénommé « Case Bi », alors qu’il circulait à bord de son scooter, Ousmane Ndiaye avait été attaqué par un agresseur qui se révèlera être Birame Ndiaye. Celui-ci lui avait donné un coup de couteau au bassin gauche. Lui opposant une farouche résistance, le scootériste a blessé son agresseur au bras.

Voulant prendre la fuite, ce dernier a été arrêté par les riverains et conduit au commissariat des Parcelles Assainies. Saignant abondamment, la victime a, quant à elle, été acheminée et hospitalisée à l’Hôpital Général de Grand Yoff pendant 15 jours. Son agresseur l’a rejoint à l’hôpital suite à son lynchage par la foule.

Jugé en première instance, il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. A la barre de la chambre criminelle d’appel, Birame Ndiaye a reconnu les faits qu’il avait tenté de nier lors de son premier procès. Il avait allégué que son scooter a été pris par des individus armés. « Je reconnais avoir tenté de lui dérober son scooter en le blessant avec une arme », s’estil défendu.

Le témoin, Dame Diop, a soutenu avoir vu l’inculpé asséner un coup de couteau à sa victime. Les avocats de la défense ont demandé à la Chambre d’appel d’accorder une seconde chance à l’accusé. « Il était en état d’ébriété, ce qui a réduit sa capacité de discernement. Il ne jouissait pas de ses forces mentales et physiques », a plaidé la défense.

Quant à l’avocat général, il s’est dit frappé par la sévérité de la peine bien que les faits soient constants et malgré le flagrant délit. « Nos textes sont très mal écrits, c’est exagéré ! La loi dit une incapacité de plus de 15 jours avec usage d’arme, c’est une peine de travaux forcés à perpétuité. La sentence est très disproportionnée. »

Pour « corriger » les choses, l’avocat général a demandé une peine correctionnelle ou 10 ans de travaux forcés. Birame Ndiaye peut égrener son chapelet, note Le Témoin qui rapporte les minutes de l'audience.

AYOBA FAYE

Jeudi 29 Avril 2021 13:41


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