Dans un pays confronté à une situation économique difficile et lorsque le mot d’ordre officiel est celui de la fierté nationale, derrière la vitrine diplomatique, une question s’impose : à quel prix ?
« Nous voulons que nos visiteurs repartent en disant : ce sont des gens merveilleux, avec une belle culture », a estimé la présidence sierra-léonaise. Ainsi, à quelques jours du sommet des chefs d’État de la Cédéao, les autorités multiplient les messages invitant les Sierra-Léonais à montrer le meilleur visage du pays et ce meilleur visage passe aussi par les infrastructures.
À Lungi, près de l’aéroport international, une nouvelle salle de conférences a vu le jour, un choix stratégique car les délégations pourront être accueillies directement à proximité de leur point d’arrivée, sans avoir à traverser la baie pour rejoindre Freetown.
L’opposition estime pourtant que le sommet aurait pu se tenir dans la capitale, avec des infrastructures déjà existantes.
Ceci étant, pour le chercheur Idrissa Mamoud Tarawallie, un précédent inquiète. Dans les années 1980, en effet, la Sierra Leone avait déjà accueilli un grand sommet continental, celui de l’Organisation de l’unité africaine - l’ancêtre de l’Union africaine (OUA) - , un souvenir douloureux.
« Nous avons dû construire tout un centre de conférences. Aujourd’hui, il est délabré, plus personne ne l’utilise. Nous avons aussi construit les villas de l’OUA : plus de cinquante bâtiments pour loger les chefs d’État en visite, et cela a coûté très cher. Beaucoup estiment que cela a contribué à l’effondrement économique des années 1980. Depuis, la Sierra Leone ne s’en est jamais vraiment remise. Faire quelque chose de similaire aujourd’hui pourrait donner l’impression que le pays refuse de tirer les leçons des erreurs du passé », rappelle le spécialiste.
Toute la question est donc de savoir si cette vitrine diplomatique laissera un héritage durable ou bien si elle ravivera le souvenir d’un prestige payé trop cher.
« Nous voulons que nos visiteurs repartent en disant : ce sont des gens merveilleux, avec une belle culture », a estimé la présidence sierra-léonaise. Ainsi, à quelques jours du sommet des chefs d’État de la Cédéao, les autorités multiplient les messages invitant les Sierra-Léonais à montrer le meilleur visage du pays et ce meilleur visage passe aussi par les infrastructures.
À Lungi, près de l’aéroport international, une nouvelle salle de conférences a vu le jour, un choix stratégique car les délégations pourront être accueillies directement à proximité de leur point d’arrivée, sans avoir à traverser la baie pour rejoindre Freetown.
L’opposition estime pourtant que le sommet aurait pu se tenir dans la capitale, avec des infrastructures déjà existantes.
Ceci étant, pour le chercheur Idrissa Mamoud Tarawallie, un précédent inquiète. Dans les années 1980, en effet, la Sierra Leone avait déjà accueilli un grand sommet continental, celui de l’Organisation de l’unité africaine - l’ancêtre de l’Union africaine (OUA) - , un souvenir douloureux.
« Nous avons dû construire tout un centre de conférences. Aujourd’hui, il est délabré, plus personne ne l’utilise. Nous avons aussi construit les villas de l’OUA : plus de cinquante bâtiments pour loger les chefs d’État en visite, et cela a coûté très cher. Beaucoup estiment que cela a contribué à l’effondrement économique des années 1980. Depuis, la Sierra Leone ne s’en est jamais vraiment remise. Faire quelque chose de similaire aujourd’hui pourrait donner l’impression que le pays refuse de tirer les leçons des erreurs du passé », rappelle le spécialiste.
Toute la question est donc de savoir si cette vitrine diplomatique laissera un héritage durable ou bien si elle ravivera le souvenir d’un prestige payé trop cher.