La mort de douze migrants tunisiens en mer, reflet de la crise économique et sociale qui sévit en Tunisie



En Tunisie, la mort de douze jeunes tunisiens candidats à l’exil lors d’un naufrage de leur embarcation irrégulière vendredi a profondément ému l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes rattachent ce drame à la crise économique et sociale qui sévit dans le pays.

Un bateau transportant 15 migrants tunisiens a fait naufrage dans la nuit de vendredi à samedi. Une seule personne a été secourue et deux autres sont toujours portées disparues. Quatorze des migrants étaient originaires de Ben Gardane, une ville marginalisée près de la frontière libyenne. Samedi soir, des habitants ont manifesté après l’annonce du naufrage, bloquant des routes et incendiant des pneus. De nouvelles tensions nocturnes ont éclaté lundi.
                                                   
Mais le drame de Ben Guerdane en dit long sur l'état de cette région frontalière, célébrée en 2016 pour avoir résistée à une attaque jihadiste, mais très marginalisée sur le plan socio-économique, selon Romdhane Ben Amor, militant de la société civile et expert sur la question migratoire.
 
« Il n'y a pas de marché d'offre d'emplois, ce qui a poussé ces jeunes-là à se baser, pour gagner leur vie, sur le commerce frontalier, la contrebande à Ben Gardane. Mais l'État et les autorités libyennes ont fait des restrictions contre cette forme de commerce sans que l'État tunisien ne propose d’alternatives, ce qui a créé cette envie de quitter Ben Gardane, et de quitter la Tunisie, pour ces jeunes », explique-t-il.
 
« La même Méditerranée qui honore certains de nos jeunes devient le tombeau d'autres »

L'actualité du naufrage résonne aussi auprès de la diaspora tunisienne de l'autre côté de la Méditerranée, la destination que visaient ces jeunes disparus en mer. « Il y a parfois des coïncidences qui sont d'une violence terrible. Presque le même jour, nous pleurons nos jeunes de Ben Gardane, 15 morts en Méditerranée, et nous célébrons en même temps nos jeunes médaillés aux Jeux méditerranéens. Et c'est cette image qui me bouleverse, qui est choquante même. La même Méditerranée qui honore certains de nos jeunes devient le tombeau d'autres », témoigne Hella Ben Youssef, vice-présidente du parti politique tunisien Ettakatol qui s'exprime depuis la France.
 
Et d’ajouter : « Pourtant, ce ne sont pas deux jeunesses différentes. Ce sont les enfants du même pays, avec les mêmes rêves et le même droit à un avenir ».
 
Lundi, la coordinatrice résidente des Nations unies en Tunisie, Rana Taha, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes. Pas de réaction officielle pour le moment du côté des autorités tunisiennes.

RFI

Mardi 25 Aout 2026 11:40


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