La technologie en appui aux dispositifs humains de défenses et de sécurité: La politique n’est-elle pas génératrice de violence ? Alors pourquoi arrêter alors la lutte et les navétanes ? (Par Djibril SARR)




Appliquer une telle sentence aux activités de la lutte et des navétanes risque d'être contre productif. D'autant que nous allons vers des échéances électorales. Le pays a besoin de bouffée de respiration et non d'asphyxie de quelque secteur que ce soit.
 
Si la pratique et le développement de la lutte et des navétanes résultent d'une élaboration stratégique qui les placent comme options ou leviers de développement du sport sénégalais, alors reconsidérons la posture.
 
Il ne servira pas à grand chose d'étouffer ces milliers de jeunes en leur interdisant des rassemblements pour les y inviter sous peu sous une autre forme. Il faut plutôt que les éducateurs et amortisseurs sociaux soient nos chevaux de bataille pour apprendre à la jeunesse, la notion d'adversité au profit de la performance. Les malheureux événements sont un heureux prétexte de communication pour parler à la jeunesse sénégalaise. Nous nous inclinons devant l’âme de chaque disparu et prions que leur perte non désirée, serve la nation à travers une réorientation vers plus de prévention, plus de surveillance et plus d’efficacité dans la sécurisations des personnes et des biens.
 
Il n y a aucun dirigeant sportif dont l'engagement et la volonté suffisent à garantir la non violence d’une masse suiveuse. Donc ne perdons pas de temps à des forums et à des colloques budgétivores pour prêcher des “déjà convaincus” et souvent dans un cadre d'absence totale des vraies cibles. Il faut plutôt agir davantage sur la jeunesse par l'éducation et la sensibilisation dans une dynamique de voyage et non de destination.
 
Nous avons constaté pour le déplorer qu'à l'exception des rendez-vous religieux, tout rassemblement de masse tend à devenir une tribune d'expression d'une violence. Les jeunes qui en sont les principaux acteurs la subissent-ils d'abord avant de chercher à la reproduire sous une autre forme sur le premier terrain propice à leur portée ?
 
Quoiqu'il en soit, le vandalisme, la délinquance et le sabotage sont des déchets comportementaux. Ils sont de véritables barrières au développement. Ils nous reculent deux pas en arrière après chaque coûteux pas en avant.
 
Cependant, force est de noter que le monde a évolué. Nous devons nous arrimer aux avancées positives de sa marche. Éduquer, sensibiliser, informer doivent être les maîtres-mots. Rechercher et sanctionner doit s’ensuivre sans relâche, ni parti pris.
 
Si malgré tous les efforts préventifs l'inévitable se produit, il faut punir les fauteurs. Pour les punir, il faut les identifier. Pour les identifier il faut savoir compter avec d'autres techniques modernes à la portée de l’administration si elle est suffisamment préoccupée par l'ordre nécessaire à la marche du pays dans toutes ses composantes.
 
La technologie doit donc venir en appoint à l’humain. Elle permet le fonctionnement à plein régime de toutes les activités stratégiquement choisies car utiles à la société. Sans prétendre la remplacer, elle est un outil à la disposition des forces de défenses et de sécurité dans leur tactique préventive, de surveillance et de rétablissement d'ordre stratégiquement pensée en amont des foyers de tension.
 
Il ne s'agit pas de décorer les infrastructures par des caméras factices ou bon marché qui, quoique dissuasives, n'ont d'effet que sur ceux qui y ont prêté attention.
 
Sans installations professionnelles et de qualité sur la base d'un cahier de charges fixant les objectifs d'exploitation et d'investigation, la plupart des dispositifs sont incapables de :
- zoomer sur des foyers d'incidents afin de les neutraliser à leur état embryonnaire, grâce à une coordination entre les agents civils ou pas fondus dans la masse et le centre d’observation et d’alerte.
- restituer de façon exploitables des images d'investigations qui permettent de reconnaître efficacement les fauteurs pour les traduire en justice.
 
Ces deux fonctionnalités requièrent une conjonction de caméras fixes de haute résolution pour couvrir tous les angles ; et de caméras PTZ capables de tourner horizontalement sur 360°, de bouger de haut en bas et d’agrandir des cibles pour capturer les visages.
Il s’y ajoute la nécessité de mettre en place dans chaque infrastructure d’exercice du sport et accueillant du public, deux dispositifs clefs. Le premier est une solution « Public Adress » constituée de haut-parleurs sécurité adressables permettant aux agents de la salle de supervision de passer des messages de sommation aux occupants de certains compartiments ciblés, chaque fois que nécessaire. Le second est l’aménagement d’un centre de supervision équipé d’une base radiocommunication hertzienne pour signaler aux agents mobiles dotés de radios mobiles avec écouteurs oreillettes, toute vulnérabilité ou comportement douteux capable d’enflammer les masses. Charge à ces derniers de neutraliser les individus signalés. Ce travail peut être facilité par un compartimentage physique du site avec son équivalent logique adossé à un système billettique intégré permettant l’identification des personnes présentes dans chaque segment de l’infrastructure Ce qui rapproche au mieux les investigations des zones pertinentes.
 
Les préposés à la surveillance préventive chargés de l’exploitation en temps réel des vidéos, seront assistés par un logiciel d’analyse vidéo reposant sur l’intelligence artificielle, pour détecter et signaler les menaces les plus critiques.
 
Seule une succession de sanctions à la hauteur de la gravité des fautes commises, limitera la fréquence et la gravité des actes de vandalisme, d'agression et de sabotages perpétrés par des personnes en quête d’assouvir de sombres pulsions.
 
Pour que respire la société, encadrons davantage tout ce qui la fait marcher. Procéder autrement ne servira-t-il pas les intérêts des méchants et des saboteurs ?

Par Djibril SARR, CEO SECURIZONS

AYOBA FAYE

Mercredi 8 Décembre 2021 19:37


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