RFI : Créé en 1969, le Fespaco célèbre cette année son cinquantenaire. Que représente ce festival panafricain du film africain aujourd’hui pour le Burkina Faso ?
Abdoul Karim Sango : C’est un grand moment de la vie et de l’histoire du Burkina Faso. Le Fespaco se tient à Ouagadougou, mais c’est un événement panafricain par sa dénomination. Aujourd’hui, sur le continent, on ne trouve pas un festival de cinéma de la dimension du Fespaco.
Au moment où partout dans le monde, l'extrémisme violent prend le pas sur les valeurs partagées des nations civilisées que sont la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice sociale, la fraternité, le cinéma - à travers le Fespaco - doit plus que jamais jouer son rôle d’éducation des populations. Notamment auprès de la franche la plus jeune qui est aujourd’hui la cible privilégiée des prophètes des nouveaux temps.
Nous voudrons profiter de ce cinquantenaire pour lancer ce message au monde : ce qu'il se passe aujourd’hui, ce n’est pas un problème de chaque nation. C’est la civilisation qu’on a tenté de construire après les deux premières guerres mondiales qui est en train d’être progressivement mise en cause. Et le cinéma doit nous aider à déconstruire le discours de ces prophètes de malheur.
Quel rôle le Fespaco a-t-il à jouer dans le concert des plus grands festivals de cinéma au monde, à côté de Toronto ou Cannes ?
Le Fespaco est la voix du cinéma africain, puisque ce qui constitue aujourd’hui la vraie menace dans ce monde est cette tendance à la mondialisation, à l’uniformisation des mœurs, des pensées. Si le Fespaco n’est pas là, à côté de Cannes ou à côté du cinéma latino-américain, la quête de la diversité culturelle perdra tout son sens. Donc, plus que jamais, le Fespaco doit avoir sa place pour refléter la diversité du monde.
Ces derniers jours et semaines, le Burkina a connu des attaques très meurtrières dans le nord du pays. Ces dernières années (2016, 2017, 2018), des attentats commis à Ouagadougou, dans la capitale, avaient aussi ciblé des lieux très fréquentés par les étrangers. Comment allez-vous garantir la sécurité des festivaliers du Fespaco 2019 ?
Nous savons que c’est une grosse préoccupation de nos amis. Mais le gouvernement du Burkina Faso a pris toutes les mesures pour assurer la sécurité des festivaliers, qui viendront en sécurité et qui repartiront en sécurité. Le Burkina est un pays qui a une longue tradition de ces événements culturels.
Jamais un seul événement, même ces dix dernières années, n’a suscité de problèmes d’insécurité. Au Burkina, nous avons développé une expertise dans la réalisation de la sécurité autour de ce type d’événement. Donc, nous ne sommes pas inquiets et nous voulons rassurer nos amis qu’ils peuvent venir au Burkina Faso, célébrer la fête du cinéma africain, et repartir en toute sécurité.
Après la chute du président Blaise Compaoré, en 2014, il y avait une certaine effervescence culturelle à observer, dans le théâtre, la danse, les arts plastiques, le cinéma… Selon vous, quel rôle devrait jouer la culture dans la transformation de la société ?
Le Burkina, c’est le pays de la culture par excellence sur le continent. Cette dynamique s’est amplifiée, parce que le Burkina, aujourd’hui, est un pays de liberté, parce que les artistes, pour créer, ont besoin de liberté. Or, au Burkina, aujourd’hui, les gens sont libres. C'est pour cela que nos amis doivent comprendre que ce n'est pas le Burkina qui fait l’objet de l'attaque, c’est le modèle de société que les Burkinabè ont choisi, autour de la liberté, la démocratie et l'égalité.
Abdoul Karim Sango : C’est un grand moment de la vie et de l’histoire du Burkina Faso. Le Fespaco se tient à Ouagadougou, mais c’est un événement panafricain par sa dénomination. Aujourd’hui, sur le continent, on ne trouve pas un festival de cinéma de la dimension du Fespaco.
Au moment où partout dans le monde, l'extrémisme violent prend le pas sur les valeurs partagées des nations civilisées que sont la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice sociale, la fraternité, le cinéma - à travers le Fespaco - doit plus que jamais jouer son rôle d’éducation des populations. Notamment auprès de la franche la plus jeune qui est aujourd’hui la cible privilégiée des prophètes des nouveaux temps.
Nous voudrons profiter de ce cinquantenaire pour lancer ce message au monde : ce qu'il se passe aujourd’hui, ce n’est pas un problème de chaque nation. C’est la civilisation qu’on a tenté de construire après les deux premières guerres mondiales qui est en train d’être progressivement mise en cause. Et le cinéma doit nous aider à déconstruire le discours de ces prophètes de malheur.
Quel rôle le Fespaco a-t-il à jouer dans le concert des plus grands festivals de cinéma au monde, à côté de Toronto ou Cannes ?
Le Fespaco est la voix du cinéma africain, puisque ce qui constitue aujourd’hui la vraie menace dans ce monde est cette tendance à la mondialisation, à l’uniformisation des mœurs, des pensées. Si le Fespaco n’est pas là, à côté de Cannes ou à côté du cinéma latino-américain, la quête de la diversité culturelle perdra tout son sens. Donc, plus que jamais, le Fespaco doit avoir sa place pour refléter la diversité du monde.
Ces derniers jours et semaines, le Burkina a connu des attaques très meurtrières dans le nord du pays. Ces dernières années (2016, 2017, 2018), des attentats commis à Ouagadougou, dans la capitale, avaient aussi ciblé des lieux très fréquentés par les étrangers. Comment allez-vous garantir la sécurité des festivaliers du Fespaco 2019 ?
Nous savons que c’est une grosse préoccupation de nos amis. Mais le gouvernement du Burkina Faso a pris toutes les mesures pour assurer la sécurité des festivaliers, qui viendront en sécurité et qui repartiront en sécurité. Le Burkina est un pays qui a une longue tradition de ces événements culturels.
Jamais un seul événement, même ces dix dernières années, n’a suscité de problèmes d’insécurité. Au Burkina, nous avons développé une expertise dans la réalisation de la sécurité autour de ce type d’événement. Donc, nous ne sommes pas inquiets et nous voulons rassurer nos amis qu’ils peuvent venir au Burkina Faso, célébrer la fête du cinéma africain, et repartir en toute sécurité.
Après la chute du président Blaise Compaoré, en 2014, il y avait une certaine effervescence culturelle à observer, dans le théâtre, la danse, les arts plastiques, le cinéma… Selon vous, quel rôle devrait jouer la culture dans la transformation de la société ?
Le Burkina, c’est le pays de la culture par excellence sur le continent. Cette dynamique s’est amplifiée, parce que le Burkina, aujourd’hui, est un pays de liberté, parce que les artistes, pour créer, ont besoin de liberté. Or, au Burkina, aujourd’hui, les gens sont libres. C'est pour cela que nos amis doivent comprendre que ce n'est pas le Burkina qui fait l’objet de l'attaque, c’est le modèle de société que les Burkinabè ont choisi, autour de la liberté, la démocratie et l'égalité.