Ils sont environ un millier à défiler dans le quartier déshérité de Hillbrow, dans le centre de Johannesburg ce matin. Ils chantent en zoulou : « Qui vous a dit de vous rabaisser face à un étranger ? Pas nous, on reste droits ! » Si le message officiel est « pas d'emplois pour les sans papiers », les revendications des manifestants dépassent ce cadre.
« Pour le moment, on se concentre sur les sans papiers, mais même les autres étrangers doivent nous faire de la place, on doit pouvoir travailler » revendique cet homme. « On en a assez des immigrés qui s'emparent du pays, clame une femme. Il y a des gens qui ont des diplômes universitaires mais qui restent chez eux faute de travail. »
Ces revendications sont le fruit d'une frustration : le taux de chômage explose, il dépasse les 65% chez les 15-24 ans. À quelques rues de la manifestation se tient une réunion de plusieurs collectifs contre la xénophobie. On y retrouve Shaheen Khan. Il est inquiet du fait de la dégradation continue des conditions de vie qui alimente le sentiment anti-immigré. « Le niveau d'inégalité est plus important que sous l'apartheid, affirme Shaheen Khan. Les gens ont faim. On l'a vu pendant les émeutes de juillet. »
Ces émeutes avaient suivi l'arrestation de l'ancien président Jacob Zuma. Se mêlaient alors des facteurs politiques et sociaux sur fond de pandémie. Selon Terri Magott, une militante, les manifestations anti-immigrées se nourrissent d'un facteur supplémentaire : les contre-vérités.
« Je ne sais pas d'où vient cette idée qu'il y a un afflux d'immigrés, mais statistiquement, c'est faux, affirme Terri Maggot. Pareil pour les emplois, il y en a peu de disponibles, donc comment voulez-vous que les immigrés occupent des emplois qui n'existent pas ? »
Les politiques ont une grande responsabilité dans la propagation de ce genre d'idées, observe Khangelani Moyo, chercheur sur les questions de migration. « Quand il y a des violences xénophobes, elles sont souvent déclenchées par un discours politique, explique-t-il. On s'en est aperçu plusieurs fois avec Herman Mashaba, quand il était maire de Johannesburg. Même lors des dernières élections locales, il a fait campagne sur un sentiment anti-immigrés. »
Aujourd'hui, c'est le gouvernement qui semble adhérer à l'idée qu'il y a trop d'étrangers pour certains emplois. Une loi est en cours d'écriture pour imposer des quotas.
« Pour le moment, on se concentre sur les sans papiers, mais même les autres étrangers doivent nous faire de la place, on doit pouvoir travailler » revendique cet homme. « On en a assez des immigrés qui s'emparent du pays, clame une femme. Il y a des gens qui ont des diplômes universitaires mais qui restent chez eux faute de travail. »
Ces revendications sont le fruit d'une frustration : le taux de chômage explose, il dépasse les 65% chez les 15-24 ans. À quelques rues de la manifestation se tient une réunion de plusieurs collectifs contre la xénophobie. On y retrouve Shaheen Khan. Il est inquiet du fait de la dégradation continue des conditions de vie qui alimente le sentiment anti-immigré. « Le niveau d'inégalité est plus important que sous l'apartheid, affirme Shaheen Khan. Les gens ont faim. On l'a vu pendant les émeutes de juillet. »
Ces émeutes avaient suivi l'arrestation de l'ancien président Jacob Zuma. Se mêlaient alors des facteurs politiques et sociaux sur fond de pandémie. Selon Terri Magott, une militante, les manifestations anti-immigrées se nourrissent d'un facteur supplémentaire : les contre-vérités.
« Je ne sais pas d'où vient cette idée qu'il y a un afflux d'immigrés, mais statistiquement, c'est faux, affirme Terri Maggot. Pareil pour les emplois, il y en a peu de disponibles, donc comment voulez-vous que les immigrés occupent des emplois qui n'existent pas ? »
Les politiques ont une grande responsabilité dans la propagation de ce genre d'idées, observe Khangelani Moyo, chercheur sur les questions de migration. « Quand il y a des violences xénophobes, elles sont souvent déclenchées par un discours politique, explique-t-il. On s'en est aperçu plusieurs fois avec Herman Mashaba, quand il était maire de Johannesburg. Même lors des dernières élections locales, il a fait campagne sur un sentiment anti-immigrés. »
Aujourd'hui, c'est le gouvernement qui semble adhérer à l'idée qu'il y a trop d'étrangers pour certains emplois. Une loi est en cours d'écriture pour imposer des quotas.