Le général Mamadou Mansour Seck propose trois pistes pour résoudre la crise casamançaise

Le général à la retraite Mamadou Mansour Seck propose de résoudre la crise casamançaise en explorant trois solutions d’ordre politique, économique et sécuritaire.



''Une priorité sénégalaise est la crise de la Casamance. Pour la résoudre, je vois trois volets à explorer : un volet politique, un autre économique et un troisième sécuritaire'', écrit le général Seck dans la note introductive de ''Nécessité d’une armée'', un livre qu’il a publié récemment chez par Harmattan-Sénégal. 

Le volet politique du règlement de la crise en Casamance consistera à ''organiser d’une manière plus formelle l’intégration régionale entre la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal, avec une politique des frontières communes'', a-t-il expliqué, dans l’avant-propos de ce texte qu’il a présenté en 1974 comme son mémoire de fin d’études à l’Ecole supérieure de guerre aérienne (ESGA) de Paris (France). 

La solution économique consistera à ''désenclaver cette région par la restauration de la route Tambacounda-Kolda-Ziguinchor, qui peut être doublée plus tard par un chemin de fer'', a indiqué Mamadou Mansour Seck, ancien chef d’état-major général des armées du Sénégal (1988-1993). 

Il estime qu’il faut aussi, dans la mise en œuvre de cette solution économique, ''multiplier les rotations du bateau Dakar-Ziguinchor en fonction des besoins'' des populations et ''convaincre nos frères gambiens de la nécessité de construire un pont transgambien qui, non seulement accélérera l’intégration régionale, mais aussi rapprochera les rives nord et sud de la Gambie, tout en créant des richesses pour ce pays par les royalties'', c'est-à-dire les droits de péage. 

''Notre Constitution prescrit la garantie de l’intégrité territoriale nationale et la protection des personnes et des biens. En conséquence, tout groupe armé s’opposant à ces principes doit être systématiquement neutralisé'', a écrit le général Seck, parlant de l’aspect sécuritaire. ''Pour cela, il faut renforcer les capacités des armées.'' 

Mamadou Mansour Seck, ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis (1993-2002), a signalé que ces solutions ne seront fructueuses ''à moyen terme que si nous avons la ferme volonté de [les] appliquer et nous donnons les moyens nécessaires pour cela''. 

Il a par ailleurs estimé que c’est ''un paradoxe'' que le Sénégal continue à déployer des soldats dans les opérations onusiennes de maintien de la paix, sans résoudre au préalable la question casamançaise.

''Un paradoxe est qu’alors que cette crise dure depuis 30 ans, le Sénégal a continué à fournir de nombreux contingents militaires de maintien de la paix en Afrique'', a-t-il écrit. ''La Casamance doit passer avant le Darfour'', une région située au sud du Soudan, où des soldats sénégalais sont en mission depuis plusieurs années, a-t-il soutenu. 

La Casamance, constituée des régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, est confrontée depuis 1982 à un conflit armé. Les indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) réclament l’indépendance de cette partie sud du pays.

En plus d’avoir fait de nombreuses victimes, ce conflit est perçu comme un obstacle au développement socioéconomique de cette région aux immenses potentialités agricoles.

Source : APS
 


Gata Doré

Mardi 16 Octobre 2012 19:14


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