Le Sénégal vit un moment particulier de son histoire politique.
En mars 2024, notre peuple a exprimé un profond désir de changement. Après plusieurs années de tensions politiques, les Sénégalais ont choisi d'accorder leur confiance à un projet vendu comme celui de la rupture, de la transparence et de la refondation de l'État.
Empêché de briguer lui-même la magistrature suprême, le leader de PASTEF a porté son choix sur M. Bassirou Diomaye Faye, alors numéro deux de son parti, qu'il a désigné comme candidat à l'élection présidentielle. Les Sénégalais ont voté avec l'espoir qu'une nouvelle génération de dirigeants ouvrirait une nouvelle page de notre histoire.
Deux années plus tard, l'espoir a cédé la place au doute — et le doute commence à ressembler à de la lassitude.
Au lieu d'un État rassemblé autour d'une même vision, le pays a découvert un exécutif à deux têtes qui se regardent en chiens de faïence. Pendant des mois, les Sénégalais ont assisté, impuissants, à des divergences publiques, des déclarations contradictoires, des rivalités de plus en plus visibles entre la Présidence et la Primature. La rupture tant promise a fini par rompre l'unité même de l'exécutif, jusqu'à ce départ du Premier ministre de ses fonctions, suivi de son accession, commode, à la présidence de l'Assemblée nationale.
Quelle que soit l'appréciation que chacun porte sur cette évolution, une évidence s'impose : le Sénégal ne peut pas se permettre un sommet de l'État qui fonctionne au rythme des rapports de force internes à un parti, pendant que le pays, lui, attend.
Pendant que le pouvoir gérait ses propres équilibres, les Sénégalais géraient, eux, leur quotidien.
La vie reste chère. Le pouvoir d'achat continue de s'éroder. Les jeunes cherchent toujours un emploi ou prennent la mer et le désert vers l'émigration. Les entreprises freinent leurs investissements. Les PME plient sous une pression fiscale de plus en plus lourde. Le monde rural peine à écouler sa production. Et pendant que le débat politique se consume en querelles de personnes, la dette publique et les tensions budgétaires, elles, ne prennent pas de pause.
Le pays gouverne à vue, pendant que les Sénégalais paient la facture.
Le Parti Socialiste refuse de considérer cette situation comme une fatalité.
Nous ne pouvons accepter que l'essentiel du débat politique soit désormais accaparé par les ambitions personnelles, les équilibres internes d'un parti ou les échéances électorales à venir, pendant que les difficultés quotidiennes des Sénégalais s'aggravent.
Le véritable sujet n'est pas de savoir qui exercera le pouvoir demain. Le véritable sujet est de savoir comment gouverner aujourd'hui.
Un gouvernement ne se juge pas à la force de ses discours ni à l'habileté de sa communication. Il se juge à sa capacité à améliorer concrètement la vie des citoyens, à rassurer les investisseurs, à créer des emplois, à soutenir les producteurs, à préserver le pouvoir d'achat, à garantir la stabilité des institutions et à défendre la crédibilité financière de l'État. Sur chacun de ces terrains, le compte n'y est pas.
La République mérite mieux que des querelles de leadership.
Elle mérite des dirigeants capables de dépasser leurs intérêts particuliers pour servir exclusivement l'intérêt général. L'exercice du pouvoir est souvent présenté comme une conquête. Il est avant tout une épreuve de vérité. Il révèle les caractères. Il met chacun face à ses propres limites. Il rappelle que gouverner exige davantage de retenue que de passion, davantage de compétence que de slogans, davantage de résultats que de promesses.
Le Parti Socialiste lance aujourd'hui un appel à la conscience nationale — et prend ses responsabilités.
Il appartient à chaque Sénégalais de tirer les enseignements de cette expérience démocratique. Nos choix futurs devront être guidés moins par les émotions que par les compétences, moins par les promesses que par les réalisations, moins par les affrontements que par la capacité à rassembler.
Le Sénégal ne manque ni de ressources, ni de talents. Il a besoin d'un État stable, d'institutions fortes, d'une économie performante, et de dirigeants qui comprennent que le pouvoir n'est jamais une fin en soi, mais un moyen de servir le peuple.
C'est pourquoi le Parti Socialiste appelle à l'ouverture, sans délai, d'un débat national sur la stabilité institutionnelle et la clarification des rôles au sommet de l'État. On ne referme pas une fracture de l'exécutif par des communiqués rassurants ; on la referme par des actes.
Le Parti Socialiste continuera d'assumer pleinement son rôle de force de proposition, d'alternative crédible et de gardien des valeurs républicaines.
Parce que le Sénégal mérite une gouvernance apaisée.
Parce que le Sénégal mérite des dirigeants entièrement consacrés à la résolution des difficultés des populations.
Parce que le Sénégal mérite que l'intérêt général demeure, en toutes circonstances, au-dessus des ambitions individuelles.
Abdoulaye Wilane
Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal
En mars 2024, notre peuple a exprimé un profond désir de changement. Après plusieurs années de tensions politiques, les Sénégalais ont choisi d'accorder leur confiance à un projet vendu comme celui de la rupture, de la transparence et de la refondation de l'État.
Empêché de briguer lui-même la magistrature suprême, le leader de PASTEF a porté son choix sur M. Bassirou Diomaye Faye, alors numéro deux de son parti, qu'il a désigné comme candidat à l'élection présidentielle. Les Sénégalais ont voté avec l'espoir qu'une nouvelle génération de dirigeants ouvrirait une nouvelle page de notre histoire.
Deux années plus tard, l'espoir a cédé la place au doute — et le doute commence à ressembler à de la lassitude.
Au lieu d'un État rassemblé autour d'une même vision, le pays a découvert un exécutif à deux têtes qui se regardent en chiens de faïence. Pendant des mois, les Sénégalais ont assisté, impuissants, à des divergences publiques, des déclarations contradictoires, des rivalités de plus en plus visibles entre la Présidence et la Primature. La rupture tant promise a fini par rompre l'unité même de l'exécutif, jusqu'à ce départ du Premier ministre de ses fonctions, suivi de son accession, commode, à la présidence de l'Assemblée nationale.
Quelle que soit l'appréciation que chacun porte sur cette évolution, une évidence s'impose : le Sénégal ne peut pas se permettre un sommet de l'État qui fonctionne au rythme des rapports de force internes à un parti, pendant que le pays, lui, attend.
Pendant que le pouvoir gérait ses propres équilibres, les Sénégalais géraient, eux, leur quotidien.
La vie reste chère. Le pouvoir d'achat continue de s'éroder. Les jeunes cherchent toujours un emploi ou prennent la mer et le désert vers l'émigration. Les entreprises freinent leurs investissements. Les PME plient sous une pression fiscale de plus en plus lourde. Le monde rural peine à écouler sa production. Et pendant que le débat politique se consume en querelles de personnes, la dette publique et les tensions budgétaires, elles, ne prennent pas de pause.
Le pays gouverne à vue, pendant que les Sénégalais paient la facture.
Le Parti Socialiste refuse de considérer cette situation comme une fatalité.
Nous ne pouvons accepter que l'essentiel du débat politique soit désormais accaparé par les ambitions personnelles, les équilibres internes d'un parti ou les échéances électorales à venir, pendant que les difficultés quotidiennes des Sénégalais s'aggravent.
Le véritable sujet n'est pas de savoir qui exercera le pouvoir demain. Le véritable sujet est de savoir comment gouverner aujourd'hui.
Un gouvernement ne se juge pas à la force de ses discours ni à l'habileté de sa communication. Il se juge à sa capacité à améliorer concrètement la vie des citoyens, à rassurer les investisseurs, à créer des emplois, à soutenir les producteurs, à préserver le pouvoir d'achat, à garantir la stabilité des institutions et à défendre la crédibilité financière de l'État. Sur chacun de ces terrains, le compte n'y est pas.
La République mérite mieux que des querelles de leadership.
Elle mérite des dirigeants capables de dépasser leurs intérêts particuliers pour servir exclusivement l'intérêt général. L'exercice du pouvoir est souvent présenté comme une conquête. Il est avant tout une épreuve de vérité. Il révèle les caractères. Il met chacun face à ses propres limites. Il rappelle que gouverner exige davantage de retenue que de passion, davantage de compétence que de slogans, davantage de résultats que de promesses.
Le Parti Socialiste lance aujourd'hui un appel à la conscience nationale — et prend ses responsabilités.
Il appartient à chaque Sénégalais de tirer les enseignements de cette expérience démocratique. Nos choix futurs devront être guidés moins par les émotions que par les compétences, moins par les promesses que par les réalisations, moins par les affrontements que par la capacité à rassembler.
Le Sénégal ne manque ni de ressources, ni de talents. Il a besoin d'un État stable, d'institutions fortes, d'une économie performante, et de dirigeants qui comprennent que le pouvoir n'est jamais une fin en soi, mais un moyen de servir le peuple.
C'est pourquoi le Parti Socialiste appelle à l'ouverture, sans délai, d'un débat national sur la stabilité institutionnelle et la clarification des rôles au sommet de l'État. On ne referme pas une fracture de l'exécutif par des communiqués rassurants ; on la referme par des actes.
Le Parti Socialiste continuera d'assumer pleinement son rôle de force de proposition, d'alternative crédible et de gardien des valeurs républicaines.
Parce que le Sénégal mérite une gouvernance apaisée.
Parce que le Sénégal mérite des dirigeants entièrement consacrés à la résolution des difficultés des populations.
Parce que le Sénégal mérite que l'intérêt général demeure, en toutes circonstances, au-dessus des ambitions individuelles.
Abdoulaye Wilane
Porte-parole du Parti Socialiste du Sénégal