À quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’excitation aurait dû être totale. Pour la première fois de l’histoire, le tournoi sera organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Côté mexicain, trois villes mythiques du football mondial sont prêtes à vibrer : Guadalajara, Monterrey et Mexico. L’Estadio Akron, l’Estadio BBVA et le légendaire Estadio Azteca doivent accueillir plusieurs rencontres, dont des affiches majeures. À Guadalajara, un choc Uruguay-Espagne est déjà sur toutes les lèvres. À Mexico, le match d’ouverture doit lancer la fête planétaire. Sur le papier, tout est prêt pour une célébration du football. Mais ces dernières heures, le décor a brutalement changé. Car non loin de l’Estadio Akron, la réalité a rattrapé le rêve. Le Mexique a été secoué par une vague de violences d’une ampleur rare après la mort de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Considéré comme le dernier grand parrain encore en cavale après l’arrestation d’« El Chapo » et d’« El Mayo » Zambada, il a été tué lors d’une opération militaire menée avec un soutien en renseignement des États-Unis. La réaction a été immédiate avec des barrages enflammés, des voitures calcinées, des tirs sporadiques et des routes bloquées dans une vingtaine d’États. À Guadalajara, des habitants racontent avoir fui des hommes armés surgis en pleine rue. Les autorités ont suspendu les cours dans plusieurs régions, fermé temporairement des tribunaux et décrété un Code Rouge dans l’État de Jalisco. La présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme, tandis que Washington et Ottawa ont émis une alerte de sécurité pour ses ressortissants. Soudain, la ville qui doit accueillir des matches de Coupe du Monde s’est retrouvée paralysée, plongeant les supporters dans une inquiétude inattendue.
La FIFA est inquiète
À mesure que les images de véhicules incendiés circulaient sur les réseaux sociaux, une question s’est imposée : la FIFA doit-elle s’inquiéter ? Officiellement, aucune rencontre n’est remise en cause. Mais en coulisses, la situation sécuritaire alimente les discussions. Le Mexique doit accueillir des matches à Mexico, Guadalajara et Monterrey, dont plusieurs affiches de phase de groupes et potentiellement des rencontres à élimination directe. À l’Estadio Akron, quatre matches sont programmés, dont Mexique-Corée du Sud et Uruguay-Espagne. Monterrey doit également héberger des barrages décisifs. Les autorités mexicaines assurent travailler depuis des mois avec la FIFA sur des dispositifs de sécurité renforcés, tels que de la vidéosurveillance étendue, des déploiements massifs de la Garde nationale et de l’armée, ou encore des coordinations internationales. Mais la violence déclenchée par la mort d’El Mencho rappelle brutalement la puissance de nuisance des cartels, capables de bloquer des axes stratégiques, d’attaquer des infrastructures et de semer la panique dans des centres urbains majeurs en seulement quelques heures. À noter que le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), créé en 2009, est devenu l’un des groupes criminels les plus influents du Mexique. D’après les autorités, il pourrait avoir jusqu’à 10 000 membres armés et serait l’un des principaux fournisseurs de fentanyl destiné aux États-Unis. Les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006 au Mexique, selon les chiffres officiels.
Le CJNG, qui joue un rôle important dans le commerce international de stupéfiants à destination des États-Unis et de l’Europe, est actif dans les 32 États du Mexique, avec une forte présence à Jalisco, Nayarit, Colima et Veracruz. Il rivalise directement avec le cartel de Sinaloa et se démarque par l’utilisation de véhicules paramilitaires et de drones. La tension est d’autant plus forte que certaines compétitions locales ont déjà été impactées. Le derby féminin entre les Chivas de Guadalajara et le Club América, prévu à l’Estadio Akron, a été reporté, tout comme le choc Querétaro-Juárez en Liga MX. Deux autres rencontres de deuxième division n’ont pas eu lieu également. Les transports en commun ont été suspendus dans certaines zones, et les rassemblements de masse temporairement interdits. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs virales, relayées notamment par The Athletic, évoquent un possible déplacement de matches vers des villes américaines ou canadiennes, comme Toronto ou Vancouver, voire l’ajout de nouvelles enceintes au calendrier. Rien d’officiel à ce stade, mais le simple fait que ces hypothèses circulent montre à quel point la confiance peut vaciller rapidement. «Nous n’avons pas reçu de communication pour le moment. Nous nous concentrons sur la maîtrise de la situation», a Pablo Lemus, gouverneur de Jalisco, à The Athletic. L’équipe nationale doit disputer un match amical contre l’Islande mercredi au stade Corregidora de Querétaro. La Fédération mexicaine de football n’a pas encore statué sur un éventuel report de cette rencontre.
La FIFA, déjà critiquée par le passé pour ses choix géopolitiques, marche sur une ligne étroite. Maintenir les matches au Mexique serait un signal fort de stabilité, mais le moindre incident pendant le tournoi aurait un retentissement mondial. Pour les fans de football, le dilemme est cruel. Le Mexique est une terre de foot, passionnée et vibrante. L’Estadio Azteca, temple historique, doit accueillir le match d’ouverture et écrire une nouvelle page de sa légende. Guadalajara et Monterrey promettaient une ambiance unique, entre ferveur locale et afflux international. Aujourd’hui, la question n’est pas seulement sportive, elle est également sécuritaire et politique. La Coupe du Monde 2026 devait être une fête du ballon rond à l’échelle du continent nord-américain, mais elle se retrouve aujourd’hui, à quatre mois du coup d’envoi, au cœur d’un bras de fer contre le narcotrafic. Reste à savoir si, d’ici juin, le football reprendra pleinement ses droits et si les stades mexicains redeviendront, ce qu’ils doivent être, des théâtres de passion, et non les symboles d’une nation sous tension.
La FIFA est inquiète
À mesure que les images de véhicules incendiés circulaient sur les réseaux sociaux, une question s’est imposée : la FIFA doit-elle s’inquiéter ? Officiellement, aucune rencontre n’est remise en cause. Mais en coulisses, la situation sécuritaire alimente les discussions. Le Mexique doit accueillir des matches à Mexico, Guadalajara et Monterrey, dont plusieurs affiches de phase de groupes et potentiellement des rencontres à élimination directe. À l’Estadio Akron, quatre matches sont programmés, dont Mexique-Corée du Sud et Uruguay-Espagne. Monterrey doit également héberger des barrages décisifs. Les autorités mexicaines assurent travailler depuis des mois avec la FIFA sur des dispositifs de sécurité renforcés, tels que de la vidéosurveillance étendue, des déploiements massifs de la Garde nationale et de l’armée, ou encore des coordinations internationales. Mais la violence déclenchée par la mort d’El Mencho rappelle brutalement la puissance de nuisance des cartels, capables de bloquer des axes stratégiques, d’attaquer des infrastructures et de semer la panique dans des centres urbains majeurs en seulement quelques heures. À noter que le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), créé en 2009, est devenu l’un des groupes criminels les plus influents du Mexique. D’après les autorités, il pourrait avoir jusqu’à 10 000 membres armés et serait l’un des principaux fournisseurs de fentanyl destiné aux États-Unis. Les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006 au Mexique, selon les chiffres officiels.
Le CJNG, qui joue un rôle important dans le commerce international de stupéfiants à destination des États-Unis et de l’Europe, est actif dans les 32 États du Mexique, avec une forte présence à Jalisco, Nayarit, Colima et Veracruz. Il rivalise directement avec le cartel de Sinaloa et se démarque par l’utilisation de véhicules paramilitaires et de drones. La tension est d’autant plus forte que certaines compétitions locales ont déjà été impactées. Le derby féminin entre les Chivas de Guadalajara et le Club América, prévu à l’Estadio Akron, a été reporté, tout comme le choc Querétaro-Juárez en Liga MX. Deux autres rencontres de deuxième division n’ont pas eu lieu également. Les transports en commun ont été suspendus dans certaines zones, et les rassemblements de masse temporairement interdits. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs virales, relayées notamment par The Athletic, évoquent un possible déplacement de matches vers des villes américaines ou canadiennes, comme Toronto ou Vancouver, voire l’ajout de nouvelles enceintes au calendrier. Rien d’officiel à ce stade, mais le simple fait que ces hypothèses circulent montre à quel point la confiance peut vaciller rapidement. «Nous n’avons pas reçu de communication pour le moment. Nous nous concentrons sur la maîtrise de la situation», a Pablo Lemus, gouverneur de Jalisco, à The Athletic. L’équipe nationale doit disputer un match amical contre l’Islande mercredi au stade Corregidora de Querétaro. La Fédération mexicaine de football n’a pas encore statué sur un éventuel report de cette rencontre.
La FIFA, déjà critiquée par le passé pour ses choix géopolitiques, marche sur une ligne étroite. Maintenir les matches au Mexique serait un signal fort de stabilité, mais le moindre incident pendant le tournoi aurait un retentissement mondial. Pour les fans de football, le dilemme est cruel. Le Mexique est une terre de foot, passionnée et vibrante. L’Estadio Azteca, temple historique, doit accueillir le match d’ouverture et écrire une nouvelle page de sa légende. Guadalajara et Monterrey promettaient une ambiance unique, entre ferveur locale et afflux international. Aujourd’hui, la question n’est pas seulement sportive, elle est également sécuritaire et politique. La Coupe du Monde 2026 devait être une fête du ballon rond à l’échelle du continent nord-américain, mais elle se retrouve aujourd’hui, à quatre mois du coup d’envoi, au cœur d’un bras de fer contre le narcotrafic. Reste à savoir si, d’ici juin, le football reprendra pleinement ses droits et si les stades mexicains redeviendront, ce qu’ils doivent être, des théâtres de passion, et non les symboles d’une nation sous tension.