En Éthiopie, les affrontements entre l'armée fédérale et les groupes armés membres d'une alliance d’opposition récemment constituée se poursuivent sur plusieurs fronts dans le nord du pays. Et un peu plus d'une semaine après le début de l'offensive lancée par les rebelles, les civils en paient le prix fort.
Dans un communiqué, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) s'alarme ainsi des conséquences du conflit sur la population du Tigré où les hôpitaux sont débordés, rapporte notre correspondante à Addis Abeba, Marlène Panara. Alors qu'à Korem et à Alamata, deux localités du sud de la région, 420 blessés ont été pris en charge la semaine dernière, un peu plus à l’est, l’hôpital de Shire a lui accueilli plus de 300 blessés durant la seule journée du 25 septembre - des chiffres qui, selon MSF, ne concernent que les patients pris en charge dans les structures dont elle est partenaire.
Quant à l’hôpital de Mekele, la capitale du Tigré, il a lui ouvert ses portes à 44 civils - dont 33 enfants - grièvement blessés par des tirs d’artillerie dans d'autres villes de la région, selon une source médicale contactée par l’AFP.
Sur un autre front, en Afar, de nombreuses personnes continuent là aussi de fuir leur domicile à cause des combats : elles seraient entre 120 000 et 150 000 selon l’Afar Pastoralist Development Association. Un camp pour les accueillir a été monté à la hâte, lundi 28 septembre, dans la ville d’Erebti, « mais les déplacés manquent de tout », confie un membre de l’association, qui précise qu'« avec les affrontements qui se poursuivent, les choses empirent de jour en jour ».
L'Érythrée, le Soudan et l'Égypte accusés de soutenir le TPLF
De son côté, l'armée éthiopienne accuse, elle, l'Érythrée, le Soudan et l'Égypte d'être en partie responsables de la situation : dimanche 27 septembre, son chef a en effet affirmé que les trois pays apportaient leur soutien aux rebelles tigréens, ce que les deux premiers ont fermement démenti.
En ce qui concerne l'Érythrée, tous les chercheurs s'accordent à dire que le pays a effectué un véritable revirement, lui qui était allié à Addis Abeba lors de la guerre du Tigré, il y a quatre ans. Inquiet des ambitions de son voisin qui revendique depuis un accès à la mer via le port érythréen d'Assab, Asmara a pris ses distances et s'est peu à peu rapproché des autorités rebelles tigréennes, affirment-il. « Il semblerait que l'Érythrée soit utilisée comme base arrière par les forces tigréennes du TPLF [Front de libération du peuple du Tigré, NDLR] et que des officiers érythréens soient présents au Tigré », indique par exemple Magnus Taylor, chercheur au sein de l'ONG International Crisis Group (ICG).
Même s’il n’y a pas de preuves d’un soutien matériel d’Asmara aux Tigréens, cette hypothèse ne fait que peu de doute, renchérit de son côté Kjetil Tronvoll, de l'Université d'Oslo, selon qui les armes utilisées par les forces rebelles ne peuvent provenir que d'Érythrée et qui indique par ailleurs que, ces derniers mois, des camions érythréens ont été aperçus traversant la frontière avec le Tigré.
À propos du Soudan, les deux chercheurs affirment que les relations entre Khartoum et Addis Abeba sont également tendues avant d'ajouter que, ces deux dernières années, des combattants tigréens réfugiés dans le pays se sont battus aux cotés de l'armée soudanaise contre les Forces de soutien rapide (FSR). l’Éthiopie craindrait donc qu’en échange, le Soudan ne vienne en aide aux rebelles du Tigré...
Quant à l'Égypte, celle-ci est enfin perçue comme un adversaire par l'Éthiopie, du fait que Le Caire soit déjà allié à Khartoum et à Asmara.
Dans un communiqué, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) s'alarme ainsi des conséquences du conflit sur la population du Tigré où les hôpitaux sont débordés, rapporte notre correspondante à Addis Abeba, Marlène Panara. Alors qu'à Korem et à Alamata, deux localités du sud de la région, 420 blessés ont été pris en charge la semaine dernière, un peu plus à l’est, l’hôpital de Shire a lui accueilli plus de 300 blessés durant la seule journée du 25 septembre - des chiffres qui, selon MSF, ne concernent que les patients pris en charge dans les structures dont elle est partenaire.
Quant à l’hôpital de Mekele, la capitale du Tigré, il a lui ouvert ses portes à 44 civils - dont 33 enfants - grièvement blessés par des tirs d’artillerie dans d'autres villes de la région, selon une source médicale contactée par l’AFP.
Sur un autre front, en Afar, de nombreuses personnes continuent là aussi de fuir leur domicile à cause des combats : elles seraient entre 120 000 et 150 000 selon l’Afar Pastoralist Development Association. Un camp pour les accueillir a été monté à la hâte, lundi 28 septembre, dans la ville d’Erebti, « mais les déplacés manquent de tout », confie un membre de l’association, qui précise qu'« avec les affrontements qui se poursuivent, les choses empirent de jour en jour ».
L'Érythrée, le Soudan et l'Égypte accusés de soutenir le TPLF
De son côté, l'armée éthiopienne accuse, elle, l'Érythrée, le Soudan et l'Égypte d'être en partie responsables de la situation : dimanche 27 septembre, son chef a en effet affirmé que les trois pays apportaient leur soutien aux rebelles tigréens, ce que les deux premiers ont fermement démenti.
En ce qui concerne l'Érythrée, tous les chercheurs s'accordent à dire que le pays a effectué un véritable revirement, lui qui était allié à Addis Abeba lors de la guerre du Tigré, il y a quatre ans. Inquiet des ambitions de son voisin qui revendique depuis un accès à la mer via le port érythréen d'Assab, Asmara a pris ses distances et s'est peu à peu rapproché des autorités rebelles tigréennes, affirment-il. « Il semblerait que l'Érythrée soit utilisée comme base arrière par les forces tigréennes du TPLF [Front de libération du peuple du Tigré, NDLR] et que des officiers érythréens soient présents au Tigré », indique par exemple Magnus Taylor, chercheur au sein de l'ONG International Crisis Group (ICG).
Même s’il n’y a pas de preuves d’un soutien matériel d’Asmara aux Tigréens, cette hypothèse ne fait que peu de doute, renchérit de son côté Kjetil Tronvoll, de l'Université d'Oslo, selon qui les armes utilisées par les forces rebelles ne peuvent provenir que d'Érythrée et qui indique par ailleurs que, ces derniers mois, des camions érythréens ont été aperçus traversant la frontière avec le Tigré.
À propos du Soudan, les deux chercheurs affirment que les relations entre Khartoum et Addis Abeba sont également tendues avant d'ajouter que, ces deux dernières années, des combattants tigréens réfugiés dans le pays se sont battus aux cotés de l'armée soudanaise contre les Forces de soutien rapide (FSR). l’Éthiopie craindrait donc qu’en échange, le Soudan ne vienne en aide aux rebelles du Tigré...
Quant à l'Égypte, celle-ci est enfin perçue comme un adversaire par l'Éthiopie, du fait que Le Caire soit déjà allié à Khartoum et à Asmara.