Les travailleurs de Sutsas Saint-Louis dénoncent leurs conditions de travail et revendiquent six mois d’arriérés de salaire

Les travailleurs, membres de la sous-section Sutsas (Syndicat unique des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale) de l’hôpital régional de Saint Louis, accusent le directeur dudit établissement de santé de mauvais gestionnaire et lui réclament six mois d’arriérés de salaire et leurs primes du fonds Covid-19. Ils comptent d’ailleurs déposer un préavis de grève dès la semaine prochaine.



 Au centre hospitalier régional de Saint Louis, ce n’est plus le parfait amour entre les travailleurs et la direction. En sit-in hier, ces syndicalistes membres de la sous-section Saint Louis de cet établissement de santé ont mis à nu tous les manquements qu’ils ont notés dans la gestion de l’hôpital, pour disent-ils, alerter sur la situation qui risque de plonger l’hôpital dans le coma. Une « mauvaise gestion » qui serait à l’origine des difficultés auxquelles les travailleurs sont confrontés et les conditions dans lesquelles ils travaillent. D’où ce mouvement d’humeur pour d’abord critiquer ces manquements.

Le secrétaire général de la sous-section Sutsas de l’hôpital de Saint Louis explique. « La mal gestion est à l’origine de plusieurs problèmes, d’abord les mauvaises conditions de travail. Au niveau des services, il y a des ruptures incessantes de consommables. Par exemple, au service de laboratoire, il y a toujours des manques de réactifs. Si tu as besoin de cinq analyses, on te dit que seuls deux sont disponibles. Ce qui fait que les malades sont obligés de se rabattre au centre de santé ou à l’infirmerie nord. Des structures qui, en principe, devaient compter sur nous en nous référant des malades. Malheureusement, c’est le contraire avec l’hôpital de Saint Louis. C’est plutôt nous qui les sollicitons. Même pour évacuer un malade, ils mettent une ambulance à notre disposition. C’est dû à la gestion solitaire du directeur. Quand il reçoit de l’argent, il n’en informe pas les partenaires sociaux », a martelé Moustapha Diop.

Au-delà de la situation de l’hôpital, ces travailleurs syndiqués demandent plus de motivation et exigent de la direction, le paiement d’arriérés de salaire. En effet, et depuis six mois, ces agents de santé courent derrière leurs salaires qui tardent. « L’hôpital nous doit plus de six mois d’arriérés ». Une demi année de dure labeur sans percevoir le moindre rond. C’est du moins des accusations portées par ces travailleurs qui fustigent les ponctions opérées dans leurs indemnités salariales. « Les charges sociales du personnel contractuel sont coupées de leur salaire et ne sont pas reversés à l’Ipres. Ils s’y ajoutent les arriérés de prime du personnel, mais aussi la motivation des agents qui s’occupent des malades de Covid. Sans compter que quand tu vas en retraite, on ne te paye pas ton dégagement », a-t-il listé comme manquements tout en accusant le directeur d’avoir reçu de l’Etat du Sénégal une enveloppe estimée à plus de 50 millions. « Mais, au lieu de payer aux agents trois mois comme l’a suggéré le ministre de la Santé, le directeur n’a payé que le mois de janvier ».

Autant de difficultés qui seraient à l’origine de leur mouvement d’humeur. C’est d’ailleurs, pourquoi le Sutsas met en garde le directeur de l’hôpital qu’il tient comme responsable de toutes les conséquences qui pourraient en découler. Donc si les problèmes persistent, dit-il, « nous allons devoir trouver des actes pour régler, une bonne fois pour toute, » cette situation qui devient « problématique aux yeux du Dr Alioune Diouf qui interpelle la tutelle au sujet de ce centre hospitalier régional. Ce médecin syndicaliste du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) se veut clair. La gestion de cet hôpital du Nord doit être « auditée ».

Il en appelle d’ailleurs à l’arbitrage de l’Etat pour que les responsabilités soient situées et que des décisions soient prises. En tout cas, le Sutsas est déterminé dans son combat. Ces syndicalistes de la santé entendent, dès la semaine prochaine, déposer un préavis de grève qui couvrira la période de juin à décembre 2021.

Le directeur de l’hôpital parle de déficit de production
Interpelé sur la situation, le directeur du centre hospitalier régional de Saint Louis, Dr Thierno Seydou Ndiaye, « approuve ». « On leur doit de l’argent. C’est ce qu’ils réclament. Et c’est normal qu’ils demandent à entrer dans leurs fonds ». Mais, d’après ses dires, cette situation chaotique serait liée à un déficit de production à cause de la Covid19. « Tout ça, c’est grâce à Covid-19 qui a augmenté les charges. On a reçu un appui de l’Etat, mais insuffisant par rapport aux besoins de l’hôpital. On continuait à exécuter les charges mais il n’y avait pas eu suffisamment de rentrées d’argent. Les charges salariales de l’hôpital et les motivations des travailleurs sont lourdes. On doit aux travailleurs, à l’Ipres, la Caisse de sécurité sociale, de même que les fournisseurs. Ce qui montre que l’hôpital est en difficultés », a-t-il donné comme explication. Il révèle en outre que des efforts sont en train d’être faits pour éponger les dettes, relate Le Témoin.

AYOBA FAYE

Samedi 29 Mai 2021 13:42


Dans la même rubrique :