Chers députés de Pastef Les Patriotes (parti au pouvoir),
On ne peut être israélien et palestinien à la fois.
Permettez que l’on vous parle sans détour : ce que vous feignez de découvrir aujourd’hui, le pays l’avait déjà compris hier. La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane SONKO n’a rien d’un murmure passager ; elle s’est imposée comme une évidence politique depuis le désaveu public du premier à l’égard de celui qui fut son mentor. Depuis lors, les signes se sont accumulés, méthodiques, presque didactiques : gestes, alliances, silences calculés… tout converge vers un éloignement assumé du centre de gravité originel.
S’allier, fût-ce implicitement, à ceux qui combattaient hier le projet fondateur, n’est pas un simple ajustement stratégique : c’est un acte lourd de symboles, une fracture dont la violence n’est pas tant verbale que morale. Et pendant que l’architecture initiale se fissure, certains lieutenants de SONKO, jadis intrépides, consultent désormais la météo politique, redoutant l’orage plus que la trahison, hésitant à choisir un camp comme si la clarté était devenue un luxe.
Les privilèges ont cette capacité insidieuse d’émousser les convictions. La sinécure transforme les anciens combattants en comptables de leurs propres intérêts. Ceux qui donnaient l’impression d’être des sentinelles inébranlables de la cause se révèlent peut-être n’avoir été que des stratèges du positionnement. Leur bruit d’entre 2021 et 2024 était-ce ferveur sincère ou simple anticipation d’un lendemain victorieux ? La question, aujourd’hui, n’est plus sacrilège elle est inévitable.
Pendant ce temps, beaucoup pratiquent la politique de l’autruche, espérant que l’ensevelissement volontaire tiendra lieu de stratégie. Pourtant, l’histoire récente devrait vous rappeler une vérité simple : c’est la parole assumée qui a ébranlé l’ordre établi sous Macky SALL. C’est la parole qui a valu la prison à certains, et c’est encore elle qui a forgé la légitimité populaire. Se taire face à ce qui apparaît, pour nombre de militants, comme une déviation manifeste, ne garantit ni longévité ni honneur.
Lorsque vous avez répondu à l’invitation du Palais, vous saviez que le geste serait interprété. La politique n’est jamais innocente. Diviser pour recomposer, isoler pour affaiblir, attirer pour redéfinir : ces manœuvres appartiennent au manuel classique du pouvoir. Et quand l’un des vôtres admet publiquement que le Président semble accorder davantage de crédit à sa coalition qu’au parti matrice de sa légitimité, il ne s’agit plus de soupçon, mais de constat.
Ne feignez donc pas la surprise. Les militants observent, analysent, décryptent. Leur intelligence politique ne se contente plus de slogans ; elle scrute les actes. Le jeu est désormais à découvert.
La question n’est plus de savoir si la fracture existe, mais ce que vous en ferez.
Continuerez-vous à cultiver l’ambiguïté confortable, ou assumerez-vous une position claire, quitte à en payer le prix ?
On ne peut durablement prétendre incarner deux causes opposées. On ne peut être à la fois israélien et palestinien. L’histoire est sévère avec ceux qui cherchent à être, simultanément, tout et son contraire.
Le moment exige du courage, non celui des discours flamboyants, mais celui des choix irréversibles.
Que ceux d’entre vous qui, hier encore, traitaient les militants de radicaux simplement parce qu’ils voyaient plus tôt, plus loin, et alertaients face à une réalité que vous prétendiez ne pas percevoir, aient aujourd’hui l’humilité de reconnaître leur clairvoyance.
Qu’ils s’inclinent, non par faiblesse, mais par honnêteté, devant la sagesse militante. Car il n’y a aucune honte à admettre que la base avait raison ; il y a en revanche un grand mérite à savoir le reconnaître.
Boulen reuy, mourou len té baalou
Daouda MBAYE, spécialiste de la voyance
On ne peut être israélien et palestinien à la fois.
Permettez que l’on vous parle sans détour : ce que vous feignez de découvrir aujourd’hui, le pays l’avait déjà compris hier. La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane SONKO n’a rien d’un murmure passager ; elle s’est imposée comme une évidence politique depuis le désaveu public du premier à l’égard de celui qui fut son mentor. Depuis lors, les signes se sont accumulés, méthodiques, presque didactiques : gestes, alliances, silences calculés… tout converge vers un éloignement assumé du centre de gravité originel.
S’allier, fût-ce implicitement, à ceux qui combattaient hier le projet fondateur, n’est pas un simple ajustement stratégique : c’est un acte lourd de symboles, une fracture dont la violence n’est pas tant verbale que morale. Et pendant que l’architecture initiale se fissure, certains lieutenants de SONKO, jadis intrépides, consultent désormais la météo politique, redoutant l’orage plus que la trahison, hésitant à choisir un camp comme si la clarté était devenue un luxe.
Les privilèges ont cette capacité insidieuse d’émousser les convictions. La sinécure transforme les anciens combattants en comptables de leurs propres intérêts. Ceux qui donnaient l’impression d’être des sentinelles inébranlables de la cause se révèlent peut-être n’avoir été que des stratèges du positionnement. Leur bruit d’entre 2021 et 2024 était-ce ferveur sincère ou simple anticipation d’un lendemain victorieux ? La question, aujourd’hui, n’est plus sacrilège elle est inévitable.
Pendant ce temps, beaucoup pratiquent la politique de l’autruche, espérant que l’ensevelissement volontaire tiendra lieu de stratégie. Pourtant, l’histoire récente devrait vous rappeler une vérité simple : c’est la parole assumée qui a ébranlé l’ordre établi sous Macky SALL. C’est la parole qui a valu la prison à certains, et c’est encore elle qui a forgé la légitimité populaire. Se taire face à ce qui apparaît, pour nombre de militants, comme une déviation manifeste, ne garantit ni longévité ni honneur.
Lorsque vous avez répondu à l’invitation du Palais, vous saviez que le geste serait interprété. La politique n’est jamais innocente. Diviser pour recomposer, isoler pour affaiblir, attirer pour redéfinir : ces manœuvres appartiennent au manuel classique du pouvoir. Et quand l’un des vôtres admet publiquement que le Président semble accorder davantage de crédit à sa coalition qu’au parti matrice de sa légitimité, il ne s’agit plus de soupçon, mais de constat.
Ne feignez donc pas la surprise. Les militants observent, analysent, décryptent. Leur intelligence politique ne se contente plus de slogans ; elle scrute les actes. Le jeu est désormais à découvert.
La question n’est plus de savoir si la fracture existe, mais ce que vous en ferez.
Continuerez-vous à cultiver l’ambiguïté confortable, ou assumerez-vous une position claire, quitte à en payer le prix ?
On ne peut durablement prétendre incarner deux causes opposées. On ne peut être à la fois israélien et palestinien. L’histoire est sévère avec ceux qui cherchent à être, simultanément, tout et son contraire.
Le moment exige du courage, non celui des discours flamboyants, mais celui des choix irréversibles.
Que ceux d’entre vous qui, hier encore, traitaient les militants de radicaux simplement parce qu’ils voyaient plus tôt, plus loin, et alertaients face à une réalité que vous prétendiez ne pas percevoir, aient aujourd’hui l’humilité de reconnaître leur clairvoyance.
Qu’ils s’inclinent, non par faiblesse, mais par honnêteté, devant la sagesse militante. Car il n’y a aucune honte à admettre que la base avait raison ; il y a en revanche un grand mérite à savoir le reconnaître.
Boulen reuy, mourou len té baalou
Daouda MBAYE, spécialiste de la voyance