Libye: lors d'une incursion au Niger, les forces du maréchal Haftar libèrent 22 de ses soldats

L'armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle l'est et le sud libyen, a annoncé jeudi 26 février avoir attaqué un groupe armé au Niger près de la frontière libyenne. La formation indiqué avoir réussi à libérer 22 de ses soldats emprisonnés par ce groupe, le 31 janvier 2026.



Lors de cette attaque, l'armée nationale libyenne déplore un mort dans ses rangs et indique qu'elle a fait des prisonniers parmi ses adversaires.
 
Ce sont les unités d'élite de l’ANL qui ont mené l'opération, directement supervisée par Saddam Haftar, vice-dirigeant de cette armée. C’est ce qu’indique un communiqué officiel qui précise que l’attaque a été rendue possible grâce à un travail minutieux de renseignement.
 
L'opération a permis de libérer les 22 soldats de l'ANL emprisonnés par les « révolutionnaires du sud libyen ». L'armée nationale libyenne revendique avoir visé des « terroristes », des « mercenaires » et des « gangs de tchadiens ».
 
« Nous ne sommes ni des gangs, ni des mercenaires. Nous sommes les enfants du sud », a indiqué à RFI, Mohamad Wardagou, dirigeant du groupe armé.
 
Selon nos informations, la force mixte tchado-libyenne formée, en octobre dernier « pour contrôler et sécuriser les frontières au sud », a été activée, dimanche 22 février, et une chambre d'opération commune a alors été inaugurée. Soixante véhicules armés flambant neufs sont sortis de l'aéroport de Waw pour se diriger vers la frontière avec le Niger et c’est cette force-là qui a mené l’attaque.
 
Les révolutionnaires du sud libyen, soutenus par Tripoli
Quant au groupe armé dirigé par Mohamad Wardagou, un Toubou de Mourzouk, ce dernier affirme que les frontières avec le Niger et l’Algérie sont toujours fermées. Il soutient avoir procédé lui-même à la libération des soldats de l’ANL, avant les affrontements parce qu’ils « sont tous des fils du Sud du pays » et « pour qu'ils puissent faire le ramadan avec leurs familles ». Ce groupe reconnaît par ailleurs avoir perdu deux de ses hommes et que d’autres, sans en préciser le nombre, ont été faits prisonniers par l’ANL.
 
Les révolutionnaires du sud libyen, soutenus par Tripoli, ont déjà revendiqué deux attaques contre l’ANL, depuis fin janvier. Ils accusent les forces de Haftar de diriger la contrebande d’essence et d’or à travers le triangle frontalier dit « Salvador ».
 
Des experts libyens soutiennent que ce groupe profite également du trafic transfrontalier et qu’une forte concurrence s’est installée avec la brigade Souboul al Salam, de l’ANL, active dans le désert et accusée de trafic par l’ONU.

RFI

Dimanche 1 Mars 2026 16:52


Dans la même rubrique :