Licence de pêche démersale côtière : le GAIPES dénonce un «dégel opaque»



La ministre des Pêches et de l'Économie maritime, Dr Fatou Diouf, a délivré par arrêté ministériel  des licences de pêche à titre exceptionnel à cinq navires industriels pour la pêche démersale côtière. Cette mesure a  provoqué la colère des acteurs locaux. Le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal l’a « vivement dénoncé », la jugeant « opaque » et prise sans concertation avec les acteurs du secteur.

La  vice-présidente de l'organisation, Fatou Ndiaye, évoque  une « très désagréable surprise » dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour l’industrie halieutique. « Une très désagréable surprise. Un moment où l'industrie de la pêche est en train de se débattre pour survivre parce que nul n'ignore la crise qui secoue le secteur avec les prix du gazoil qui sont passés de 350 à aujourd'hui 700 FCFA. Au moment où toutes les entreprises de pêche  sont en train de se battre pour leur survie, nous avons appris avec beaucoup de surprises et une amère surprise que cela a été décidé à un arrêté de dégel des licences de pêche », a-t-elle martelé sur les ondes de la RFM.

Elle a rappelé que les licences étaient gelées depuis 2006 et que, durant près de 20 ans, les armateurs avaient accepté de limiter le renouvellement de leurs navires afin de préserver les ressources halieutiques. « Durant cette période, les acteurs du secteur ont tenté, autant que possible, de préserver ces ressources, malgré des navires devenus vétustes », a-t-elle soutenu.

En poursuivant, Fatou Ndiaye a déclaré que : « Bien que des remplacements de bateaux aient été envisagés, ils n’ont pas pu être réalisés, souvent en raison de refus extérieurs. Par ailleurs, certains navires vieillissants ont volontairement été mis hors service afin d’éviter des coûts supplémentaires liés à leur entretien ».
 
Selon elle, c’est incompréhensible qu’un arrêté de dégel ait été pris sans consultation préalable alors même que des discussions étaient en cours avec le ministère. « Et aujourd'hui, quand  on se rend compte qu'il y a une décision  de dégel de ces licences et ensuite une décision d'attribution de nouvelles licences à un armateur qui était certainement le seul à être  au courant de l'arrêté de dégel, nous  avons eu une désagréable surprise d'autant plus que les discussions avec le ministère n'ont jamais été suspendues », a-t-elle indiqué.
 
 La vice-présidente de l’organisation s’est interrogé également sur les conditions d’attribution des nouvelles licences. Pour Fatou Ndiaye, une telle réforme aurait dû respecter les principes de bonne gouvernance, avec un appel à candidatures transparent. « Ce qui est clair, c'est que quand on décide de changer les règles dans un secteur, on doit en discuter avec tous les acteurs. Une règle  de bonne gouvernance aurait voulu  qu'au moment d'attribuer ces licences qu'on fasse un appel à candidature », a-t-elle déploré.

Fatime Gueye

Mardi 19 Mai 2026 15:50


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