Le Collectif de la diaspora de Yenne-Toubab Dialaw a lancé une alerte solennelle ce mardi contre un projet d'expropriation de 600 hectares supplémentaires au profit de l'opérateur DP World. Cette nouvelle extension, qui s'ajoute aux 1200 hectares déjà cédés pour la construction du port de Ndayane, menace directement des zones densément habitées comprenant des habitations, des écoles, des champs et des cimetières. Selon les représentants des populations, cette réserve foncière aurait été utilisée par l'ancien régime pour éponger une dette contractée auprès de l'opérateur portuaire.
Les habitants dénoncent un silence administratif total malgré de nombreuses démarches entreprises auprès du nouveau pouvoir depuis près d'un an. Idrissa Badji, porte-parole du collectif, regrette que les courriers adressés à la Présidence et à la Primature, ainsi que les marches citoyennes, n'aient reçu aucune réponse officielle. Cette absence de dialogue renforce le sentiment d'humiliation chez des familles qui craignent de voir leurs investissements et leur patrimoine ancestral sacrifiés sans concertation.
Au cœur du conflit figure également un imbroglio juridique né de plusieurs décrets présidentiels signés entre 2021 et 2023. L’Imam Alioune Ndione souligne que ces textes ont non seulement déclaré le projet d'utilité publique, mais ont aussi déplacé les limites administratives de la zone. Ce redécoupage rattache désormais les titres fonciers de Toubab Dialaw à la ville de Mbour, dépouillant ainsi la commune de Yenne de la gestion de ses propres terres et créant une confusion administrative majeure pour les résidents.
Face à cette situation, le collectif exige la suspension immédiate des procédures d'expropriation et le lancement d'un audit indépendant sur les surfaces déjà cédées. Ils appellent à l'ouverture d'un cadre de dialogue inclusif réunissant l'État, l'APIX, DP World et les élus locaux pour garantir la protection des investissements, notamment ceux de la diaspora. Les populations préviennent qu'elles ne comptent pas céder face à ce qu'elles qualifient de cadavres sociaux au nom du développement industriel.