Lutte contre le paludisme à Tambacounda : L'incidence chute malgré le maintien en « zone rouge »

La région de Tambacounda enregistre une amélioration notable de ses indicateurs de santé, avec une incidence du paludisme passée de 72 cas pour 1 000 habitants en 2024 à 28 cas en 2025. Malgré cette régression significative, la région demeure classée en zone rouge, poussant les autorités médicales à lancer un appel pressant pour une implication accrue des populations dans la prévention.



Le recul de la maladie est le fruit d'efforts « cyclopéens » menés par la direction régionale de la santé avec l'appui de partenaires techniques et financiers. Selon Samban Ndiaye, point focal au sein de la direction régionale de la santé de Tambacounda, les indicateurs de performance témoignent d'une progression réelle.

« Si on doit faire la comparaison entre les performances entre 2024 et 2025, on peut dire qu'il y a de bonnes améliorations en termes de progression, en termes d'incidence. Parce qu'en 2024, dans chaque 1 000 personnes, on a confirmé 72 personnes. Donc comparativement à l'année 2025, on a constaté vraiment qu'il y a une amélioration, parce qu'aujourd'hui avec les indicateurs qu'on a, on est à 28 cas pour l'année », a-t-il déclaré.

Plusieurs leviers expliquent cette baisse de l'incidence. Les autorités ont multiplié les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticides et renforcé le suivi des femmes enceintes. Le passage de quatre à huit consultations prénatales a permis une meilleure couverture, faisant grimper le taux de Traitement Préventif Intermittent (TPI) de 61 % à 71 %.

La prise en charge communautaire joue également un rôle déterminant. « Il ne faut pas oublier qu'au niveau de Tamba, il y a un aspect qui est très important, c’est la campagne CPS (Chimio-prévention du paludisme saisonnier). C’est l’administration des médicaments chez les enfants », précise M. Ndiaye. Il souligne également le maillage des dispensateurs de soins à domicile qui assurent une prise en charge précoce et des suivis hebdomadaires.

Malgré ces résultats encourageants et un taux de positivité chez les femmes enceintes stabilisé à 1 %, le défi de la pérennisation reste entier. Pour les autorités médicales, les outils techniques ne suffiront pas sans un changement de comportement au sein des foyers.

« Aujourd'hui, on veut bien faire, mais si la population également ne respecte pas toutes les mesures en cas de prévention, la lutte sera toujours difficile », a conclu Samban Ndiaye, rappelant que l’engagement communautaire est la condition sine qua non pour sortir définitivement Tambacounda de la zone rouge.
 


Samedi 25 Avril 2026 17:42


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