Macky Sall–Diomaye Faye : un TGP à un million de dollars (Par BABACAR DIAGNE)



Vendredi, ce sera un autre TGP…

Vendredi, toutes les caméras seront braquées sur un seul objectif. Tous les photographes auront le doigt sur le déclencheur. Tous les réalisateurs retiendront leur souffle. Car il ne faudra manquer sous aucun prétexte le plan que tout un pays attend.

Quelques secondes seulement. Une poignée de mains. Peut-être l’une des plus lourdes de sens de ces dernières années. Un geste simple en apparence, mais qui pourrait marquer un tournant important de notre vie politique. Une image capable de résumer, à elle seule, des mois de tensions, d’interrogations et d’attentes.

Le Très Gros Plan prendra alors toute sa dimension. Il faudra saisir l’instant précis où les mains se rejoignent, capter un regard, un sourire, une expression, la fermeté de l’étreinte, sa durée, peut-être même quelques mots échangés à voix basse. Autant de détails qui, souvent, en disent davantage que les discours officiels ou les déclarations protocolaires.

En télévision, il existe des plans qui dépassent largement le simple exercice professionnel. Ils deviennent des documents. Ils traversent le temps parce qu’ils fixent un moment où l’histoire semble hésiter avant de prendre une nouvelle direction.

Si cette poignée de mains intervient, chacun y trouvera sa propre lecture. Les uns y verront un geste de courtoisie républicaine. Les autres le symbole d’une décrispation entre l’ancien et l’actuel chef de l’État. D’autres encore y liront peut-être le prélude à une nouvelle étape de la vie politique nationale. L’avenir dira jusqu’où cette image portera ses effets.

Une certitude, en revanche, s’impose déjà : si ce moment est capté, il entrera instantanément dans les archives de notre mémoire collective. Il sera revu, ralenti, agrandi, commenté et analysé sous tous les angles. Comme toutes les grandes images politiques, il pourra finir par résumer une époque.
Voilà pourquoi, vendredi, les professionnels de l’image n’auront pas droit à l’erreur. Gare au cadreur qui regardera ailleurs, au photographe qui déclenchera une fraction de seconde trop tard ou au réalisateur qui choisira le mauvais plan. Dans ce métier, certains instants ne reviennent jamais.
Les grands discours appartiennent aux acteurs politiques. Les grandes images appartiennent à ceux qui savent les saisir.

Alors pourquoi parler d’un TGP à un million de dollars ? Non pas parce qu’une image a un prix marchand, mais parce que certaines images ont une valeur historique inestimable. Elles deviennent des symboles, des références, des fragments de mémoire collective.
Vendredi, un Très Gros Plan pourrait raconter à lui seul une page importante de l’histoire politique du Sénégal.
Un TGP à un million de dollars.
 
BABACAR DIAGNE,
Journaliste, ancien DG RTS.


Dimanche 12 Juillet 2026 18:37


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