Madagascar: un plan anti-corruption approuvé par la Primature



À Madagascar, la Primature a approuvé cette semaine la mise en œuvre de la stratégie anti-corruption : confiscation des avoirs illicites, enquêtes patrimoniales systématiques, interconnexion des données entre institutions publiques. Le lancement intervient avant la concertation nationale du 3 juin, pilier de la Refondation promise par les autorités. Les organisations de la société civile ont participé à l'élaboration de ce plan. Elles en reconnaissent les avancées mais posent tout de même leurs conditions.

Première condition mise en avant par la société civile : voter la loi sur l'accès à l'information à caractère public. Sans ce texte, qui attend toujours d'être adopté à l'Assemblée nationale, aucun citoyen ne peut légalement contraindre une institution à rendre des comptes.
 
« Avancer »

Pour Mialisoa Randriamampianina, directrice de Transparency International Madagascar, c'est le préalable à toute avancée sérieuse : « Il faut que le texte sur la loi sur l’accès aux informations à caractère public passe et soit voté parce que c’est une loi qui permet vraiment d’avancer de façon importante dans notre lutte contre la corruption et c’est tout de même étrange qu’un pays qui veut autant affirmer sa lutte contre la corruption et qui demande une Refondation et qui demande de vraiment renouveler son engagement pour la transparence et pour l’intérêt ait autant d’hésitation pour faire voter un texte qui est en fait la base en matière de lutte contre la corruption. »
 
« Actions fermes »

Sur le fond, l'ONG Tolotsoa retient une rupture de méthode dans ce plan, précise son coordinateur, Tsimihipa Andriamazavarivo : « La nouvelle stratégie est vraiment plus centrée sur l’effectivité et les résultats que sur les mises en place de cadres et de normes en matière de lutte contre la corruption. Aujourd’hui, les citoyens sont plus en demande de résultats et d’actions fermes parce qu’il ne s’agira vraiment plus de parler pour ne rien faire, mais d’agir pour poser des questions des actions qui parleront d’elle-même. »
 
Les premiers résultats sont attendus en 2026. Madagascar est aujourd'hui 148e sur 182 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International.

RFI

Vendredi 22 Mai 2026 09:43


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