Mali: Amnesty international dénonce les exécutions de soldats maliens «hors de combat», des «crimes de guerre»



C'est RFI qui avait révélé l'information : le 18 juillet dernier, dans une embuscade tendue à un convoi de l'armée malienne à Tabrichat, entre Anefis et Gao, dans le Nord, au moins une cinquantaine de soldats avaient été tués par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, et par les indépendantistes FLA. Parmi eux, certains avaient été exécutés alors qu'ils s'étaient rendus et qu'ils étaient désarmés. Hamza Ag Iyad, fils d'Iyad Ag Ghaly, le chef du Jnim, est notamment reconnaissable sur certaines images diffusées par les jihadistes. Deux semaines plus tard, l'ONG de défense des droits humains a analysé un grand nombre de vidéos de ces exécutions. Ses conclusions sont accablantes.

« Nous avons analysé douze vidéos, qui ont été collectées sur des comptes Telegram associés à Africa Corps/Wagner (les partenaires russes de l'armée malienne, NDLR) mais aussi sur des comptes X. Ces vidéos montrent des scènes où des soldats maliens sont faits prisonniers, après l'embuscade de Tabrichat. Certains ont été maltraités, subissant des coups, et 19 soldats au moins ont été exécutés », explique Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel au bureau d'Amnesty International de Dakar.
 
« Ces soldats étaient hors de combat, précise Ousmane Diallo, ils n'avaient pas d'arme avec eux. Dans certaines de ces scènes, on peut voir des soldats couchés à terre, les mains derrière le dos, et des combattants armés leur tirer dessus. »

« Nous demandons au Front pour la libération de l'Azawad et au Groupe pour le soutien à l'Islam et aux musulmans, qui ont revendiqué l'embuscade de Tabrichat, de sanctionner les responsables de ces crimes de guerre et de respecter les principes du droit international humanitaire, déclare encore le chercheur sur les droits humains. Cet appel, nous le lançons non seulement à ces deux groupes, mais à tous les belligérants dans le conflit armé non international qui affecte le Mali depuis plusieurs années. »
 
Le 23 juillet dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avait « déploré » « les actes de torture et les meurtres dont auraient été victimes des dizaines de soldats maliens qui s'étaient rendus » aux indépendantistes du FLA et aux jihadistes du Jnim, demandant « une enquête approfondie et indépendante ».

RFI

Jeudi 30 Juillet 2026 10:24


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